‹ Théatre choisiChapitre 247 sur 418 · SCÈNE IX DORVILÉ, MADAME DE SABST-PHAR, VALBERG · texte numérisé non relu

SCÈNE IX DORVILÉ, MADAME DE SABST-PHAR, VALBERG

VALBEB6.

Je VOUS revois donc, ma belle bienraitrice, mon cher et bon protecteur. Vous m'excuserez, je suis en bottes; je suis venu par le petit bois, sur ma petite jument! pauvre bête! malgré tout mon at* tathement pour elle, je ne Tai pas ménagée. J'étais si impatient de saluer mes amis, mes respectables amis.

DORVILÉ.

Votre serviteur, mon cher Valberg.

VALBERG

Le juste ciel puîsse-t-il anéantir tous les ingrats! Je ne le suis pas ; je vous dois tout, je me fais ffloire de le publier, et je n'aspire qu'au bonheur tie pouvoir reconnaître...

MADAME DE SAINT-PHAR

C'est trop beau de votre part.

Au moins vous ne me refuserez pas une grâce. Il faut absolument prendre jour pour visiter mon modeste ermitage, ma bonne sœur, dont le cœur répond au mien... Je ne vous recevrai pas comme "vous le méritez, comme vous me recevez tous les jours; mais l'aisance de la médiocrité, de la fran- -chise, du sentiment, et une douce gaieté... Et quand je pense que vous pourrez vous dire : « Leur honneur est mon ouvrage, » les larmes m'en viennent aux yeux.

DORVILÉ.

Oui , je connais votre sensibilité.

VALBERG

C'est un si beau spectacle que celui d'un riche j}ienfaisant qui va sécher les pleurs dans les chaumières 1

DORVILB.

Point du tout; je ne sèche plus de pleurs, mon ami; je ne suis plus riche, je suis ruiné.

A0T8 II. BOtoB IX.

▼ALBBB6.

Platt-ilî

DORYILÉ.

Je n'ai plas rien.

VÀLBBRO.

Ah I mon Dien 1 .

DORYILÉ.

J'ai vendu \non château.

YALBERG.

Déjà? Quel évéDement? j'en sois navré, écrasé, mon ami : et pourquoi ne m'avez-vous pas fait prévenir?

DORVILé.

Mais c'est de tout à l'heure que j'ai appris le malheur, et que j'ai fait la vente.

YALBBRG.

Ah I mon Dieu ! cela fait mal.

DORVIl«li.

Ce bon Vaiberg! Vous seriez accouru encore plus vite.

VALBERa.

N'en doutez pas.

DORVILB.

Aussi ai-je compté sur vous. J'ai besoin de votre entremise pour un projet qui concerne ma sœur.

MADAME DE 8AIX9T-PHAR

Mais non, ne Técoutez pas, je voub en prie.

VALBERO.

Pourquoi donc cela? Je suis tout à vous, disposez de moi. Malheureusement j'ai bien peu de temps : j'ai remis des affaires très importantes à ce soir; nlmporte, je sacrifierai tout. Combien je vous plains ! Quelle perte pour moi I Mais non, je ne veux songer quà vous, qu'à vous seul, mon ami; et quel est clone ce nouvel acquéreur?

MADAME DE 8AINT-PHAR

Vous l'avez vu là, c'est Marcelin?

. YALBBRG.

Qu'est-ce que c'est que Marcelin ?

MADAME DE SAINT-PHAR

' L'écrivain public , nouvellement enrichi par un héritage.

DORYIIili.

Gomme moi, nouvellement ruiné par la fripon* nerie de mon correspondant. *

jMi XiX8 MARIQH NITTKS.

. YALBSM.

Quelle horreur! Voilà les hommes. Toil& le monde. Que je me félicite de ma médiocrité! Les uns montent, les autres descendemt; moi je reste où je suis, comme. ces bonnes gens toujours en place sous tous les régîmes , plaignant ceux qui tombent, recherchant ceux qui s'élèvent, toujours sensible... Et ce Marcelin...? *

DORVILi.

Est dans Tenthousiasme, dans l'ivresse de sa fortune, prêt à conclure tous les marchés, à prendre tous les arrangements, à céder à toutes les impressions.

VALBBaO.

C'est donc un homme d'or, une âme noble, géreuse, libérale?

DoaviLé.

Il visite dans ce moment son nouveau domaine; il faut que je le..rejoigae; en deux mots, j'avais pensé... Mais le voici.

.VALBXBÔ.

Le voici. Une excellente tournure; et puis un air de bonhomie et de contentement qui vous . gagne le cœur.

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