SCÈNE VII
DORVÏLÉ, MADAME DE SAINT-PHAR, MARCELIN, VALBERG, CÉLESTÏNE, GEORGETTE, parée.
6B0R6BTTE.
Me voici.
MADAME DE 8ÀINT-PHAIL
Georgette!
DORVILÉ.
n ne manquait plus qu'elle.
MARCELIN
Allons, en voilà une troisième.
C'est bien heui^eux qu'on puisse vous voir. Je devrais vous gronaer ; depuis la nouvelle de votre héritage, n'avoir pas été plus inquiet de moi 1 Je vous pardonne, je suis si joyeuse. Mais regardezmoi donc, mon cousin.
GÉLESTINE. '
Qu'est-ce que c'est donc que cette petite effrontée?
VALBERG
C'est votre parente, à ce qu'il paraît?
MARCELIN
Fort éloignée.
VALBERG
N'importe. Mademoiselle, voulez-vous bien permettre...
Votre servante, mon parrain. Eh bien! direzvous encore que Marcelin n'est pas assez riche pour moi, que je suis faite pour trouver beaucoup
mieux?
MADAME DE SAINT-PBAR
Non, sans doute.
VALBERG, à Marcelin.
Qu'est-ce qu'elle dit donc?
MARCELIN, à Valberg.
J'étais sur le point de l'épouser.
VALBERG, (k karceUn,
Mais c'est une paysanne.
MARCEUN, à Valberg,
Eh ! mon Dieu oui ; mais que voulez-vous?
GBOaGBTTE.
Je n'oublierai jamais vos bontés, mon parrain, ni celles de madame ; une fois la femme de Marcelin, je veux qu'il vous aide de son crédit, que sa fortune lui serve à réparer la vôtre. Je n'aurai pas besoin de le presser, il a si bon cœurl
MADAME DE SAINT-PHAR
Mille grâces de vos intentions généreuses ! madetnoi selle.
DORVILÉ, à part.
C'est uoe bonne fille, au fond.
Voyez-vous? mon cousin; c'est un jour de fête aujourd'hui, et je me suis parée.
DORVILÉ.
Mais dites-moi donc, Georgette, ma filleule : ' est-ce que vous perdez la tête? comment avez-vous pu conserver l'espoir d'épouser encore M. Marcelin?
CÉLBSTINK.
En cfiTet, c'est d'un orgueil... Vous vous oubliez, -ma petite.
Gomment, je m'oublie! Ah! je vois ce que c'est : vous le jugez d'après vous; mais je suis sûre de lui; les richesses ne Je corrompront pas; il les méprisait tant quand il était pauvre. Et tous ses beaux discours sur la force de ses principes, sur son amour pour moi !... Répondez-leur donc, mon cousin, je voua en prie; dites-leur que vous m'aimez toujours.
MARGEUN.
Oui, sans doute, ma chère cousine. (A pan.) En .«ffet, je ne peux pas me dispenser... (Haut.) \ous m'avez bien jugé, et mon cœur... (A pan.) G'est fort embarrassant.
Là, vous l'entendez, messieurs et mesdames. Or çà, mon cousin, mon père et M. Léonard vont venir.
Ah 1 oui. M. Léonard doit m'apporter le portefeuille de la succession ; j'ai des comptes, des quittances à signer.
AOTB III, 80iNB VIII. , 981
OBORaBTTE.
n s'agit d*UDe affaire bien plus importante : ce n'est plus le cas à présent de se marier sans con- - trat.
MÀRCEUN.
Sans contrat... Ohl non, il faut un contrat. {Bm à Vaiberg.) Je ne saîs que dire, moi.
VALBBRG, à Marcelin.
Rien n'est écrit encore.
MABCBLIN, à Valbng.
Rien du tout.
VALBERG, à Maretlin, Vous n'êtes point lié.
GBORGETTB.
Justement, les voici.
DORVILÊ, à sa iœur.
Que je souffre I que je fais de mauvais sang!
CÉLBSTINB, à Valberg,
Vous ne m'aviez pas parlé de cette petite paysanne, mon frère.