X NOTICE
du Journal de Verdun (juillet 1754, p. 436), le nom de Pidoux de Saint-Olon.
Le fait raconté par Dreux du Radier, qui le tient d'ailleurs pour suspect, donne exactement le sujet de la pièce, et peut lui servir d'argument. C'est comme argument que je le reproduis:
« On prétend que M. de Saint-CHon, s'étant marié en secondes noces, sans en rien communiquer à ses enfants, leur apprit son mariage à table, quelques jours après la célébration ; que, pour payer la confidence de leur père par une autre, le chevalier de Saint-Olon et mademoiselle de Saint-Olon lui en firent une de la même nature, et lui apprirent qu'ils étaient aussi mariés l'un et l'autre. La discrétion qu'avait eue le père, dit-on, lui fit excuser celle dé ses enfants ; et on célébra la découverte des trois mariages. »
Dreux du Radier continue :
« On ajoute à cela que cette scène occasionna la comédie du Triple mariage (1). Je n'ai trouvé aucune preuve de cette anecdote. L'âge où est mort le fils, ses occupations militaires, et la sagesse de la fille, le silence sur leurs alliances et le défaut de postérité, tout cela doit passer pour une preuve contraire, jusqu'à ce qu'on en donne d'autres que la tradition orale. »
Dreux du Radier a raison. Si « les occupations militaires » de son fils disposent un peu à sourire dans le cas dont il s'agit, le jeune homme lui-même inspire un bien autre sentiment, quand on vient de lire le trait de courage dont il s'honora dans la triste journée de Ramillies. Il était enseigne aux gardes, et c'était la première fois qu'il allait au feu. Une balle de mousquet lui perça la main droite. Ses camarades voulaient lui rendre le service de prendi*e son drapeau : « Pardon, messieurs, leur dit-il, le roi me Ta confié ; je ferai en sorte qu'il ne m'échappera pas.» Et il ne le quitta, en effet, pour se faire panser, que lorsqu'il ne fut plus en danger de le perdre.
Parenthèse inutile, je me le suis bien dit; mais est-il vraiment inutile de se rappeler, quelquefois, au passage, que l'on descend de cette race-là?
Pour revenir au père, qui mériterait bien aussi sa
(!) Des Mariages inopinés.