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SUR PHILIPPE NÉRICAULT-DESTOUCHES. IX

Au milieu de ces frivolités, Destouches trouvait encore le moyen d*achever son Médisant^ qui fut joué le 20 février 1715. Joli succès. Quatorze représentations de suite dans la nouveauté. Plus d applaudissements encore à la reprise de 1730; mais il arriva au Médisant ce qui était arrivé à YIrrésolu. Lorsque Grosset fit son Méchant y en 1745, la vogue se mit au Méchant ^ comme elle s'était mise à Vert-Vert, Il n'y a rien à dire à cela, si ce n'est pour faire remarquer à une certaine école de théâtre trop prévenue en l'espèce contre la recherche du style, que nous trouvons Destouches deux fois! vainc\i^ précisément par le brillant ou le piquant d'uni style nouveau. Sa solidité a repris l'avantage sur l'élégant vernis de CoUin d'Harleville ; mais l'esprit badin et pétillant de Gresset était plus propre que le sien à mettre les rieurs du parti de la méchanceté, et à jouer le jeu cruel de la médisance mondaine.

Encore quelques mois, et sur le cercueil de celui qui avait été Louis le Grand, Massillon, du haut de la chaire, allait donner, en trois mots, un éclatant démenti à tout l'orgueil humain : « Dieu seul est grand, mes frères I » Le 29 août 1715, les théâtres furent fermés à^ l'occasion de la mort du roi et ne se rouvrirent que le 1«' octobre. A Louis XIV succédait Louis XV sous la tutelle du duc d'Orléans, son oncle. Tout changeait. Ce i qui avait été défendu allait être permis. Ce qui avait été sacré allait devenir profane. Le régent négligeait de tenir * à madame de Maintenon et à l'ombre de Racine pénitent la parole royale donnée par Louis XIV qvCAthalie ne serait jamais abandonnée aux comédiens, et, le 3 mars 17 IG, Athalie était représentée à la Comédie-Française.

En cette illustre année à! Athalie, Destouches eut l'honneur d'être joué, à quatre mois de Racine, avec la Guinguette de la finance, hélas ! entre les deux : quel titre pour le lendemain de la tragédie sacrée !

Celui de la pièce de Destouches n'était au moins que d'une singularité piquante : le Triple mariage,

a Cette pièce, dit de Léris dans son Dictionnaire por' tatif des théâtres, fut faite, à ce que l'on prétend, sur une anecdote arrivée à Paris entre M. de S. Aul... » lisez Saint- Aulaire, « sa fille et son fils. »

Le nom de Saint- Aulaire a été retenu ; c'est celui que répètent généralement les recueils d'anecdotes ; Dreux du Radier en donne cependant un autre dans un article

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