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SCÈNE III

LA COMTESSE, JULIE, ANGÉLIQUE, LISlMOiN,

NÉRINE

LA COMTESSE

Venez, ma fille ; il faut faire voir à ces gens -là qui nous sommes.

NÉRINE, à Lisimon.

Vous aurez satisfaction, monsieur; je vous jure qu'elle Ta se donner carrière.

ANGÉLIQUE

Faites-leur bien entendre...

Là comtesse.

Reposez-vous sur moi. [a Nérine.] Que faites-vous là, ma mie ? Sortez, s'il vous plaît, et tout au plus vile.

JULIE

Et de quel droit la chassez-vous, madame ?

LA COMTESSE

De quel droit, ma petite mignonne ? Par le droit qu'ont les femmes de ma condition de commander partout où elles sont.

LISIMON.

Madame, vous êtes dans ma maison. Je prétends que Nérine demeure ici. Qu'avez-vous à dire à cela ?

LA COMTESSE

Rien, sinon que vous êtes un pauvre homme, et que vous vous laissez mener comme un oison.

De grâce, ne vous emportez point, et venez au fait.

LA COMTESSE

J'y viens, ma fille ; mais vous êtes une sotte, une imbécile.

JULIE

Ah I madame I Pouvez-vous traiter de la sorte une fille aussi aimable ?

LA COMTESSE

Ce ne sont pas là vos affaires. Si elle vous resseniblait, je lui tordrais le cou.

94 l'obstacle imprévu.

JULIE

Comment donc, madame! Prenez garde à ce que vous dites !

LISIMON.

Madame la comtesse, je perdrai patience, àlafin.

LÀ COMTESSE

Perdez-la, monsieur, perdez-la; c'est ce que je demande. Nous verrons qui la perdra plus de nous deux.

ANGÉLIQUE

Vous m'aviez tant promis de vous modérer.

Est-ce que je ne me modère pas? J'admire mon sang-froid I Si je faisais mon devoir, je mettrais ici tout sens dessus dessous. Mais vous le voulez, ma fille, il faut être sage et prudente. Je n*ai de volontés que les vôtres. [EUe pleure.] Je vous aime trop ; c'est mon désespoir I

LISIMON.

Aurez-vous bientôt fini votre préambule? De quoi s'agit-il ?

LA COMTESSE

De vous taire et de m' écouler. J'ai souffert vos brusqueries pour l'amour de ma fille et de mon procès. Il faut que vous souffriez les miennes à votre tour. Vous le méritez bien. N'avez-vous point de honte de vous laisser gouverner par votre fils, et de souffrir qu'il s'entête d'une petite coquette qui vous fait tourner la cervelle à tous deux?

JULIE

Je n'y puis plus tenir, et vous me ferez raison de ces discours offensants.

LA COMTESSE

Gomment! Une créature comme vous, moitié noble, moitié bourgeoise, aura l'audace de demander raison à une personne de ma qualité? A moi, qui sors d'une race plus ancienne que notre province ? AUez, ma mie, apprenez à vous connaître I

ANGÉLIQUE

En vérité, madame, vous me désespérez !

LISIMON.

Oh ! çà, finissons, s'il vous plaît. Ce n'est point

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