‹ Théatre choisiChapitre 101 sur 471 · ACTE m, SCÈNE III · texte numérisé non relu

ACTE m, SCÈNE III

à mademoiselle qu'il faut vous prendre de l'infidélité de mon fils. Bien loin d'y avoir la moindre part,'elle lui a déclaré qu'elle ne l'épouserait point, (ju'il n'eût votre consentement et celui d'Angélique. Ce n'est que sur ce pied-là que j'ai donné le mien. Ainsi, vous êtes toujours la maîtresse, et les choses ne dépendent que de vous.

LA COMTESSE

Oh 1 vraiment, non, je ne suis pas la maîtresse I Si je l'étais, je ferais beaucoup de bruit I Mais voilà ma fille qui me gouverne; car chacun est gouverné dans ce monde. Elle tient de son père, elle n'a point de vigueur. Elle a la lâcheté de consentir que Valère épouse mademoiselle. Mais il aura affaire à moi, et je prétends qu'il l'épouse, mort ou vif.

ANGÉLIQUE

Ce n'est point par lâcheté , madame , que je permets à Valère de me trahir. Il a jeté les yeux sur une autre : il n'est plus digne de moi.

LA COMTESSE

Mais, vraiment, ma fille, je crois que tu as raison. Oui, oui, il faut payer le mépris par le mépris I

ANGÉLIQUE

Vous en étiez convenue avec moi.

LA COMTESSE

Je l'avais oublié.

ANGÉLIQUE

Finissons honnêtement, et nous retirons au plus vite.

LA COMTESSE

Honnêtement, c'est bien dit. Monsieur, votre fils est un sot ; il est tout fait pour mademoiselle ; vous pouvez* les marier quand il vous plaira, nous ne nous y opposons plus. Pour vous marquer que je vous dis vrai, nous ne resterons dans votre maison que jusqu'à demain, et nous en sortirons pour n'y rentrer jamais. Adieu.

LISIMON.

Madame, écoutez donc. Je vous promets que mon fils...

LA COMTESSE

Non, monsieur, nous n'en voulons plus. Al-

96 l'obstacle imprévu.

Ions, mademoiselle, retirons-nous, et gardez-vous bien de me parler jamais de cet indigne-là.

ANGÉLIQUE

Ne craignez aucune faiblesse de ma part ; je crois que je le hais présentement autant qu'il le mérite.

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