SCÈNE II
LISIMON, JULIE, NÉRINE.
LISIMON.
Je viens vous remercier, mademoiselle.
Oh ! oh 1 le voilà bien radouci I
JULIE
Et de quoi, s'il vous plaît ?
LISIMON.
De ce que vous ne voulez point épouser mon fils, qu'il n'ait le consentement de la comtesse. Gela me console du mépris que vous avez pour moi; car je sais que la comtesse se croirait déshonorée, si Valère n'épousait pas sa fille; et, quelques sujets qu'elle ait de se plaindre de lui, elle ne sortira point d'ici qu'il ne soit son gendre. Au fond, elle a quelque raison; car l'affaire a éclaté dans le monde, et toute sa province lui en a fait compliment.
JULIE
De tout cela, je conclus que vous serez charmé que je n'épouse point monsieur votre fils.
LISIMON.
Vous n'en devez pas douter; et c'est vous qui, en feignant de le souhaiter, m'avez mis dans la nécessité d'y consentir par dépit. L'obstacle que vous avez fait naître, fort à propos, nous tirera d'affaire, vous et moi. Voici la comtesse qui vient se plaindre, sans doute, de ce que je donne les mains aux desseins que mon fils a sur vous. Plus elle fera de bruit et d'éclat, plus j'aurai de raisons pour me dédire, et pour obliger Valère à retourner du côté d'Angélique.