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SUR PHILIPPE NÉRICAULT-DESTOUCHES. XV

pas, peut-être, ou, s'il Tosa, ce fut le régent qui ne se trouva p€ii assez bardi pour l'asseoir sur le siège de Fénelon. Dubois était homme d'esprit et comprit le scrupule. Il y avait là une initiative que le régent ne se souciait pas de prendre; mais si Tinitiative venait d'ailleurs; si de Tordre des questions religieuses, l'affaire passait dans Tordre des questions diplomatiques, la difficulté était tournée. 11 s'agissait d'obtenir que le roi d'Angleterre demandât au régent Tarcbevèché de Cambrai pour Dubois. Destouches fut chargé do tenter la démarche, il en couinit le hasard, et George I*' ne manqua pas de se récrier d'abord sur cette comique association de mots : un archevêque institué par un prince hérétique ! Le régent rira, disait-il, et n'en fera rien. Il en rira sans doute, répondit Dubois, mais il fera tout ce que vous voudi'ez. George I*' ne s'en défendit pas autrement. Destouches lui présenta une lettre qu'il signa, ne fût-ce que pour le plaisant de la chose, et c'est ainsi que Dubois fut nommé archevêque de Cambrai.

Du reste, sans prétendre réhabiliter le trop fameux cardinal, je me rappelle seulement la première impression que me fit son admirable portrait gravé par Drevet, d'après Rigaud. Je ne connaissais l'homme jusque-là que par les libelles effrontés, les anecdotes scanda* leuses et toutes les vilenies de la presse clandestine ; aussitôt que je vis cette grande tournure, ce bel air de noblesse et de mansuétude, d'affabilité, d'intelligence et de finesse, j'éprouvai le sentiment du respect. J'avais devant moi un homme d'État, un premier ministre, un prince de l'Église. J'engage les lecteurs de bonne foi à faire cette expérience. Qu'ils regardent le portrait en question, ils feront comme moi, j'en suis sûr: après avoir trouvé incroyable que la France ait souffert d'être gouvernée par le Dubois des pamphlétaires, ils comprendront que les grands ordres de l'État se soient tenus dans une déférente soumission devant le Dubois officiel, et que Destouches n'ait pas refusé de concourir à le faire nommer archevêque.

Destouches, cependant, mettait lui-môme un notable événement dans sa vie. L'auteur du Tnple mariage se mariait lui-même, et se mariait secrètement à son tour. Il touchait alors à sa quarantième année. Rougissait-il d'un amour qui le surprenait, lorsqu'il n'avait plus lieu de l'attendre, après une jeunesse sévère? Ou encore,

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