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SUR PHILIPPE NÉRICAULT-DESTOUCHES. XXI

que passer, et disparut après trois représentations. Il / faut laisser les pièces se défendre elles-mêmes. Le ^ Philosophe marié s'est bien défendu, Dieu merci I En ' attendant que la pièce se reprenne un jour au Théâtre- Français, elle n'a pas cessé de fournir une très jolie scène de concours aux élèves du Conservatoire.

C'est peu pour lui de vaincre, il veut encor braver,

dit Valère du jeune Horace, dans le récit du combat des trois champions de Rome contre les trois Albains ; Des-^ touches avait vaincu les détracteurs du Philosophe marié; est-ce pour les braver, qu'il mit encore, en 1727, deux philosophes, les Philosophes amoureux^ à la scène ?

Cette fois, du moins, l'un des deux jeunes sages était au-dessui^ de l'humain. Il aimait, et, sans le savoir, il avait un frère pour rival ; ce secret une fois découvert, il faisait un généreux sacrifice de son bonheur, mariait son frère avec sa fiancée, et leur abandonnait toute sa fortune.

La philosophie dut être satisfaite ; le public, qui n'avait pas les mêmes raisons pour applaudir cet héroïsme de doctrine, resta si froid, que la représentation n'eut pas de lendemain.

L'année 1730 fut au Calisthènes de Piron et au Brutus de Voltaire, belle occasion pour les deux rudes jouteurs de faire assaut d'cpigrammcs ;

1731 à VÂlcibiade de Poisson, au Magnifique do la Motte, au Faux Sincère de Dufresny, au Mari curieux de Dallainval, à la Réunion des Amours de Marivaux, au Chevalier Bayard d'Autreau, à VÈrigone de La Grange-Chancel : toute la première ligne du second ordre.

Mais 1732 se relève et devient Tannée mémorable qui, j commençant par le Glorieux , finit à peu près par Zaïre,}

Je ne sais si l'on a fait ce rapprochement; mais iÎTnc semble curieux de voir paraître, en môme temps, sur la scène française deux œuvres illustres, destinées à modifier notrè~^art théâtral dans son principe, et qui nous viennent, plus ou moins directement, de l'Angleterre.

Voltaire et Destouches ont passé par Londres ; Voltaire y a vu jouer Othello^ et en a rapporté Orosviane. Destouches en a rapporté son Glorieux^ dont je ne me

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