‹ Théatre choisiChapitre 340 sur 471 · ACTE I, SCÈNE II. 3S · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE II. 3S

LA BARONNE

Ah ! voilà un petit trait de modestie qui me réconcilie avec vous. Monsieur le baron, avez- vous donné ordre à votre notaire de dresser les articles du contrat?

LE BARON

Pas encore, Madame la baronne, il n'y a rien qui presse.

LA BARONNE

Il n'y a rien qui presse, Monsieur le baron? Ne sommes-nous pas convenus que nous signerions ce soir, et que nous ferions la noce tout de suite ?

LE BARON

Cela est vrai ; mais Angélique ne me paraît pas si pressée que nous : donnons-lui le temps de connaître monsieur des Mazures, de lui rendre justice et de prendre du goût pour lui.

LA BARONNE

Est-ce là votre avis, mon cœur?

LE BARON

Oui, m'amour, et je vous prie que ce soit aussi le vôtre.

Hélas I Volontiers, si cela vous fait plaisir...

Mais... (en lui faisant des minauderies) si VOUS VOuUez

bien ne me pas donner ce chagrin-là... je vous aurais tant d'obligation !

LE BARON

Eh ! quel chagrin cela peut-il vous causer?

LA BARONNE, en pleurant.

Quel chagrin ? Cruel que vous êtes ! Si le mariage ne se conclut pas ce soir, vous m'enterrerez demain matin.

LE BARON

Ah! je ne savais pas cela. Corbleul il ne sera pas dit qu'une femme soit morte pour avoir eu trop de complaisance pour son mari. Je suis votre maître, mais je ne suis pas votre tyran. Je vous confie tous mes droits ; ordonnez, ma chère baronne, ordonnez, et faites bien valoir mon autorité.

ANGÉLIQUE, à part.

Ah ! mon pauvre père, que vous êtes dupe !

Page 1