‹ Théatre choisiChapitre 342 sur 471 · ACTE J, SCÈNE II J · texte numérisé non relu

ACTE J, SCÈNE II J

mais, Madame n'usez pas durement du pouvoir qu'on vous donne sur moi ; songez que vous êtes ma mère, et que la tendresse que j'ai lieu d'attendre de vous, doit vous inspirer la bonté d'entrer un peu dans mes sentiments.

LA BARONNE

Eh, le respect doit vous faire céder aux miens I

ANGÉLIQUE

Je ne m'en éloignerai jamais, que dans l'occasion dont il s'agit.

LA BARONNE

C'est dans celle-ci, précisément, que j'exige de vous une parfaite obéissance.

ANGÉLIQUE

Vous mourrez, dites-vous, sije n'épouse ce soir monsieur des Mazures? et moi, je mourrai sije l'épouse !

LA BARONNE

Eh non, non, vous n'en mourrez pas!

ANGÉLIQUE

Je le hais mortellement.

LA BARONNE

Vous ne l'avez jamais vu.

Cela n'empêche pas que je ne le connaisse.

LA BARONNE

Les vers (][ue vous venez de lire suffisent pour vous prévenir en sa faveur.

ANGÉLIQUE

Je vous demande pardon. Madame, si je vous dis qu'ils font un effet tout contraire.

LA BARONNE

Et moi, je veux que vous les trouviez excellents.

ANGÉLIQUE

Très volontiers, pourvu que je n'en épouse point l'auteur.

LA BARONNE

Et vous l'épouserez, et dès ce soir, en dépit de vous et de votre père ! car je vois que vous l'avez gagné; mais ne comptez point sur lui, je vous en avertis ; quoiqu'il m échappe quelquefois, il en revient toujours à ce que je veux. Quel bruit estce que j'entends? C'est le jardinier qui querelle son valet, apparemment.

Page 1