LA BARONNE, LÉANDRE, L'OLIVE
LÉANDRE
Pargué, Madame, je ne saurais deviner pourquoi vous nous querellez. J'avons eu dessein de faire honneur à votre gendre; je l'y avons fait de biaux compliments, qu'il a pris pour des injures. Est-ce notre faute, s'il a l'esprit mal tourné? Il est fâché? Eh bien, qu'il se fâche, je m'en gobarge l
LA BARONNE
Ah! ah ! ceci n'est pas mauvais. Vous faites l'entendu, monsieur Nicolas? Mais ne le prenez pas sur ce ton-là; car je pourrais bien vous chasser, je vous en avertis !
LÉANDRE
Eh ! bian, bian, si vous me chassez, je sais bian ce que je ferai !
LA BARONNE
Et que ferez-vous ?
LÉANDRE, mettant les mains sur ses côtés.
Je m'en irai.
LA BARONNE
Le petit brutal !
LÉANDRE
J'aurai regret de vous quitter, car, au fond, ja me sens de l'amitié pour vous : vous avez je ne sais quoi qui m'attache ; mais, morgue, ça n'y fait rian ! Vous me menacez de me bailler mon congé, et moi je le prends. Sarviteur.
Mais, écoutez donc, Nicolas...
LÉANDRE
Non, morgue, il n'y a plus de >iicolas ! Je ne suis qu'un pauvre garçon jardinier, mais j'ai de l'honneur. Je vous baise les mains.