LE BARON, LA BAROME, LÉANDRE, L'OLIVE
LE BARON entre brusquement.
Ah ! ah ! qu'est-ce que cela veut dire ? Nicolas aux genoux de ma femme?
LÉANDRE
C'est que madame me chasse; et je la priais, ne vous déplaise, de ne me pas faire ce petit chagrin-là.
LE BARON
Et pourquoi le chasser. Madame la Baronne? C'est un joli garçon, dont je suis très contenu
LA BARONNE
Vous n'approuvez donc pas, mon cœur, que je le mette dehors ?
LE BARON
Non, m'amoup.
LA BARONNE
Cela suffit, n faut vous marquer ma soumission, et vous sacrifier mon ressentiment.
LE BARON
Vous me charmez d'être si docile.
LA BARONNE
Je suis ravie que mes procédés vous plaisent. Mais, en vérité, mon cœur, vous abusez du faible que j'ai pour vous.
LE BARON, l'embrassant.
Ma chère Baronne !
l'olive.
Morgue, c'est un trésor qu'une femme complaisante !
le baron.
Oh ! pour cela, je puis me vanter que le ciel m'en a donné une qui n'a de volontés que les miennes.
l'olive.
C'est bien rare ; mais c'est bien admirable.
LE BARON
Dites-moi un peu, ma chère Baronne, pourquoi donniez-vous congé à ce pauvre Nicolas ?
LA BARONNE
Comment! Ne vous 6tes-vous pas aperçu qu'il s'est moqué de monsieur des Mazures, en faisant semblant de le complimenter?
LE BARON
Moi? non, je n'ai point senti cela. Mais je crois que vous avez raison.
LA BARONNE
Mon cousin l'a bien senti, lui.
LE BARON
Tout de bon?
11 en est très piqué.
LE BARON
Comment, diantre I
LA BARONNE
J'en faisais des reproches à maître Pierre et à Nicolas...
LE BARON
Eh bien ?
LA BARONNE
Maître Pierre m'a assuré qu'il n'y avait point entendu de mal, et sur-le-champ je lui ai pardonné.
LE BARON
Vous avez bien fait.
LA BARONNE
Mais il a plu à ce drôle-ci de faire le mutin... de me dire qu'il se moquait de la colère de mon gendre