‹ Théatre choisiChapitre 410 sur 471 · CLÉON, LE COMTE, FINETTE, PASQUIN · texte numérisé non relu

CLÉON, LE COMTE, FINETTE, PASQUIN

CLÉ ON, à Pasquin qui le suit.

Qu'on dise, de ma part, à mon maître d'hôtel Que je ne trouve plus ma dépense assez forte ; Que cela déshonore un homme de ma sorte; Que le ménage, ici, ne convient nullement.

LE COMTE

Il est vrai.

CLÉON, à Pasquin.

Parlez-lui très sérieusement.

Je prétends que chez moi tout soit en abondance.

LE COMTE, à Pasquin.

A quoi sert le bon goût sans la magnificence? On lui fait mal sa cour en épargnant son bien.

CLÉON

Oui, pour me faire honneur, je ne plainsjamais

[rien; Et mon plus grand plaisir est d'exciter l'envie.

LE COMTE

Rien n'est si bas, si vil, qu'un air d'économie : Si cet homme s'en pique, il se fera chasser.

CLÉON

C'est à moi de fournir, à lui de dépenser.

PASQUIN

Il ne mérite point cette mercuriale;

Car il prodigue tout, et sans cesse il régale.

Page 1