‹ Théatre choisiChapitre 450 sur 471 · ACTE lY, SCÈNE J · texte numérisé non relu

ACTE lY, SCÈNE J

On redoute recueil quand on a fait naufrage, Et le malheur d'un fou sert à le rendre sage.

GÉRONTE

Cette sagesse-là lui coûtera bien cher !

JULIE

Ses perles désormais doivent peu vous toucher : 11 est presque abîmé, j'en suis trop avertie, Et j'ai de ses débris la meilleure partie.

GÉRONTE

La meilleure partie ?

JULIE

Oui, sa terre est à moi ; Ses bijoux, son argent, j'ai presque tout.

GÉROT^TE.

Ma foi.

J'en suis charmé, ravi!

J'ai bien conduit ma barque, Et je la conduirai dans le port.

GÉRONTE

Je remarque Qu'une femme prudente et qui se donne au bien Vaut cent fois mieux qu'un homme.

LE BARON

Oui.

GÉRONTE

Mais, par quel Avez-vous pu ?.. . [moyen

JULIE

Tantôt vous saurez notre histoire :

Elle vous surprendra. Mais voulez- vous me croire? En cachant à Cléon qu'il est déshérité, Quand vous le reverrez, traitez-le avec bonté. Et laissez-lui penser qu'un excès de tendresse Calme votre courroux, excuse sa jeunesse, Et daigne se prêter à ses égarements.

Vous donnerez matière à des événements Qui précipiteront ses regrets et sa pêne, Et qui rendront bientôt cette maison déserte.

GÉRONTE

Volontiers ; à mon tour je m'en vais le berner, Et c'est un vrai plaisir que je veux me donner.

LE BARON

Je VOUS seconderai, quoique mal propre à feindre :

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