ARSINOÉ
Pour moi, je la croyais tendre et compatissante ; Mais je me trompais bien. Je serai plus constante.
t A Cléon.] . ^^ leur, sans cesse le plaindrai,
Et de mes vœux ardents je vous seconderai. N'en douiez point. Je sens que votre sort me tue, Et je ne saurais plus soutenir votre vue.
[Elle sort.]
J'ai pour vous, à coup sûr, les mêmes senlimenls, El vos peines pour moi deviennent des tourments. D'un cœur trop généreux vous êtes la victime ; Mais vous aurez toujours ma plus parfaite estime. Adieu. Consolez-vous.
[Elle sort.]
CARTON
Oui, oui, console-toi, C'est le meilleur parti.
ARAMINTE
Comptez toujours sur mol.
[Elle donne la main à Carton, et sort précipitamment suÎTie de
tous les autres convives, excepté Florimon.]
CLÉON
Comment? dans mon malheur voilà donc ma
[ressource ?
On me fait compliment, et puis on prend sa course ? Ah I mon cher Florimon, n'es-lu pas consterné De ce que tu vois ?
FLORIMON.
Non. Chacun est prosterné Devant les gens heureux : sont-ils dans la misère ? On les plaint tout au plus, et l'on croit beaucoup
CLÉON. [faire.
Ce sont là les amis qu'on espère trouver ! Tu m'as dit qu'au besoin je pourrais t*éprouver...
FLORIMON, brusquement.
Tu m'éprouves aussi. Je m'en vais.