‹ Théatre choisiChapitre 6 sur 471 · VI NOTICE · texte numérisé non relu

VI NOTICE

mois de clôtare au milieu pour le deuil du Dauphin ;

I mais l'année 1712 commença par V Ingrat y de notre poète. V Ingrat eut un succès do première représentation ; de Léris le dit, et non sans apparence, puisque la pièce se donna quinze fois, deux seulement de moins que le Curieux impertinent ; mais les dix-sept spectacles qu'avait fournis celui-ci s'étaient succédé sans interruption, et ce fut, sans doute, l'auteur lui-même qui arrêta la pièce, comme il en avait le droit, pour se ménager une fructueuse reprise ; mais les représentations de VIngrat se traînèrent lentement, avec des intervalles, jusqu'à la fin de Tannée. La quinzième fut bien la dernière. Destouclies n'essaya pas d'en appeler au public. Il n'y eut pas de reprise.

l Le personnage de VIngrat parut trop odieux. Lorsque via comédie se propose de corriger l'homme en jouant, elle est le tribunal du rire. Elle n'a juridiction que sur les justiciables du rire, les ridicules, leur nom le dit, les travers, les sottises, les vices, jusqu'à un certain point, en ce qu'ils ont de comique. S'ils n'ont rien que de rés voltant et do détestable, ils ne relèvent plus de la comédie, ils relèvent d'un tribunal nouveau, qui est

I celui de l'horreur, ou le drame.'Destouches, avant d'avoir essayé ce nouveau genre d'effet dramatique, qui s'appela

! plus tard le comique larmoyant, se trompait en croyant pouvoir faire de l'ingi-at un personnage de comédie.

VIrrésolUy qu'il donna l'année suivante, encore au mois de janvier, semblait pouvoir se promettre une meilleure fortune. Le caractère était bien trouvé, plaisant et brillant au gré de l'autour. Rien de triste dans cette mobilité des goûts d'un jeune homme, qui n'a pas autrement besoin de prendre un parti décisif, qui quitte,

I tour à tour, l'épée pour la robe, la robe pour l'épée, et qui se passerait aussi bien d'être plumet que robin. Cet étourdi, >dont l'esprit ne se fixe pas, et qui n'a jamais fait un choix sans trouver aussitôt mille raisons pour se rejeter dans le choix contraire, ne s'en tire pas mieux avec son cœur. Il rencontre deux sœurs charmantes. Il s'éprend de l'une, il s'éprend de Tautre. De laquelle davantage ? De toutes deux alternativement, et toujours de celle à laquelle il vient de renoncer ; sans compter que, dans cette perpétuelle contradiction avec lui-môme, il n'est pas loin de songer un moment à se fixer entre les deux, en épousant la mère, veuve qui reprend feu pour

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