‹ Théatre choisiChapitre 7 sur 471 · SUR PHILIPPE NÉRICAULT-DESTOUCHES. VU · texte numérisé non relu

SUR PHILIPPE NÉRICAULT-DESTOUCHES. VU

le mariage. Ici, la comédie touche à la caricature. Le jeune fou échappe cependant & ce ridicule. Comme il faut que la pièce finisse, et que le notaire, avec son contrat, arrive au dénouement, le notaire et le contrat arrivent à point. Notre fantasque signe alors pour l'honneur des règles ; mais il n'a pas encore déposé la plume, qu'il pousse un soupir de regret du côté de sa bellesœur, dont il aurait pu faire sa femme.

Vfrrésolu n'eut que six représentations à l'origine, d'o£i il est naturel de penser qu'il ne fut plus question de la pièce, jusqu'au moment où elle reparut dans l'édition du théâtre de Destouches, publiée par l'auteur en 1745. Malgré les corrections et les changements considérables qu'y avait faits Destouches, il ne paraît pas qu'elle ait pris bien sérieusement position dans le répertoire ; en tout cas, elle n'y devait plus guère figurer, lorsque Collin d'Harleville donna son Inconstantj le 13 juin 1786. C'était le même caractère traité avec plus de gaîté, plus de vivacité, plus d'agrément, un tableau dont le frais coloris éblouissait encore les yeux ; le succès de V Inconstant fit rentrer Y Irrésolu dans ) l'ombre, j'allais dire dans l'oubli, mais je m'arrête ; s'il ^ n'est resté qu'un vers de V Irrésolu, c'est un vers pro- ^ verbe. Aujourd'hui, les deux comédies n'ont guère plus \ de chance l'une que l'autre de reprendre l'affiche, comme on dit, si ce n'est dans quelque représentation du théâtre rétrospectif; mais on répétera souvent encore,à l'occasion, même sans savoir d'où il vient, le joli vers qui est le dernier trait de V Irrésolu: ^

J'aurais mieux fait, je crois, d'épouser Célimène.

En 1714, ce n'est plus à la Comédie-Française, c'est à la petite cour de la duchesse du Maine qu on retrouve Destouches, décoré ou non de l'ordre de rAbeilie, mais faisant fonction de poète en quartier, et suppléant Tindispensable Malézieu dans le soin d'ajouter aux Divertissements de Sceaux : les Fêtes de Vinconnu.

Ce que c'était que les Fêtes de Vinconnu? Un divertissement composé de trois intermèdes dont Mouret composa la musique, une façon de petite pièce sans intrigue, faite pour amener des danses, à la suite de quelques chansons en l'honneur de la duchesse, chantées par de soi-disant bergers ou soi-disant bergères des alentours.

« Quelqu'un, disent les éditeurs de la Petite Biblio-

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