‹ Théatre choisiChapitre 8 sur 471 · YIH NOTICE · texte numérisé non relu

YIH NOTICE

thèque des théâtres^ quelqu'un de la cour de cette princesse, qui eut l'idée de cette fête, sans vouloir s'en faire connaître pour l'ordonnateur, engagea Destouches à en faire les vers et à présider à son exécution. C'est ce qui fit donner à ce divertissement le titre des Fêtes de l'inconnu. »

Ils auraient pu ajouter que c'était aussi par allusion à ï Inconnu de Thomas Corneille et de de Visé; cette galante comédie héroïque mêlée de danses et de chants, cette féerie sans féerie, qui fut longtemps la pièce à machines de la Comédie-Française, et qu'elle reprenait, depuis 1675, avec des agréments nouveaux, chaque fois qu'elle avait besoin de ramener la recette. » Au carnaval de 1724, le roi Louis XV demanda Vinconnu pour les Tuileries. La pièce y fut représentée, et Ile jeune roi avec sa jeune cour y dansa dans un intermède nouveau : preuve que le fameux passage de wntannicus n'avait pas fermé à jamais l'ère de la monarchie dansante.

Croire que Louis XIV avait renoncé à se donner en spectacle, parce que Racine l'avait fait rougir en secret, à se voir sous la figure de Néron comédien, erreur. On ne connaît donc pas Racine courtisan? Si l'auteur de Britannicus se permit de flétrir Néron comédien, c'est que Louis XIV avait déjà renoncé à jouer un rôle dans les divertissements qu'il donnait à sa cour. Le courage , de Racine n'était qu'une flatterie.

La duchesse du Maine était bien fille de Louis XIV. / Elle avait, comme son père, le goût passionné de la j représentation, des fêtes, de ses louanges chantées par lia poésie et la musique, sans oublier sa grâce, son es- 'prit et son despotisme, le tout ramené à sa petite taille. Destouches n'en fut pas quitte avec elle pour les Fêtes de l'Inconnu. Il fallut recommencer, écrire le Mariage de Ragonde et Colin ou les Veillées du village^ écrire la Fête de la Nymphe de Lutèce, et toujours^ des prologues ! Prologue de Melpomène et de Thalie en querelle sur le partage des saisons, avant d'arrêter que l'hiver serait au poème tragique, le carnaval à la comédie ; prologue de la Nymphe de Lutèce et de la Nymphe de Sceaux, contestant à qui méritait l'honneur de conserver plus longtemps la princesse en son séjour, et s'accordant pour la supplier de vouloir bien leur donner part égale en ses loisirs.

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