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ACTE II, SCÈNE II

qui puisse m'arriver, c'est de n'être point marié. Tant mieux, j'en serai plus libre.

PASQUIN

Dites plus libertin. Car ce n'est que dans l'espoir de vous rendre moins fou, que votre père veut vous donner une femme.

VALÈRE

Vingt femmes à la fois ne me feraient pas changer de méthode. 11 n'y a rien Je si doux, rien de si agréable, que de ne faire que ce que l'on veut, et de se moquer du qu'en dira-ton ; et rien de si sot et de si ennuyeux, que d'être esclave de sa réputation. Va, j'ai de bons amis qui me forment l'esprit.

PASgUIN.

Vraiment, ils ont fait un fort joli garçon, et vous êtes leur chef-d'œuvre. Mais si vous persistez dans le dessein d'épouser Julie, je vous avertis que votre père n'est pas le seul que vous ayez à combattre. Je crains pour vous un autre diable qui ne vous donnera pas moins de tablature.

VALÈRE

Quel est-il?

PASQUIN

C'est madame la comtesse. La chronique scandaleuse du pays d'Anjou nous assure qu'elle a eu l'honneur, plus de vingt fois en sa vie, de rosser vigoureusement monsieur de la Pépinière, son très honoré mari.

VALÈRE

Je ne serai pas si patient que lui, et je me démêlerai bien de tout cela.

PASQUIN

Oh çà I vous voilà donc entré en lice! Tenez-vous ferme sur vos étriers, car voici madame la comtesse qui vient jouter contre vous; apparemment qu'elle sait déjà de vos nouvelles.

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