LA COMTESSE, VALÈRE, PASQUIN
LA COMTESSE
Que faites-vous là. Monsieur? Pourquoi n'êtes-
70 l'obstacle imprévu.
vous pas auprès de ma fille ? Faut-il qu'elle vienne vous chercher?
Vous m'avez défendu, Madame, de me trouver tôle-à-tôle avec elle.
LA COMTESSE
Est-ce que je la quitte jamais?
VALÈRE
Je craignais que vous ne fussiez en ville.
LA COMTESSE
Vous ôtes devenu bien circonspect. Je ne m'étonne plus si ma fille se désole. Je ne voulais pas appuyer ses soupçons, mais je vois qu'ils ne sont que trop bien fondés.
VALÈRE
Comment donc, Madame?
LA COMTESSE
Ah! je ne puis plus douter de votre indifférence pour elle ; apparemment que vous avez oublié de quel sang elle est née? Merci de moi! Si Bertrand de la Pépinière, grand-père de son trisaïeul, était encore en vie, il vous apprendrait le respect que vous devez aux personnes de sa race.
VALÈRE
Eh, madame ! il n'est point question ici de généalogie; et s'il s'agissait de disputer d'ancôlres
PASQUIN
Nous avons dans notre famille un certain Guillaume, qui vaut bien votre Bertrand, sur ma parole.
Plaisante noblesse, que celle de ce pays-ci, où l'intérôt fait la plupart des mariages!
PASQUIN
Il est vrai que depuis l'alliage des traitants, nous avons du côté de nos mères moins de Guillaume et de Bertrand que de Champagnes et de Poitevins.
LA COMTESSE
Et, parce que vous n'avez, pour tout mérite, que celui d'être gens de cour, vous prétendez, mes petits Messieurs....