ACTE II, SCENE VU
VALÈRE
Puisqu'elle prend sitôt le parti de me mépriser, mon père, vous voyez que mon changement ne lui fera pas beaucoup de peine : elle vous a rendu votre parole aussi bien qu'à moi. Nous avons levé le plus grand obstacle; car vous êtes trop sage pour être amoureux à votre âge. Faites un léger effort pour un fils que vous aimez ; cédezmoi Julie, je vous en conjure.
Voulez- vous que je force son inclination ?
VALÈRE
Vous ne la forcerez point.
LISIMON.
Vous êtes bien fat, monsieur mon fils! Je sais qu'elle aime ailleurs.
VALÈRE
Et moi, je sais qu'elle a du penchant pour moi ; elle le cacne de peur de vous déplaire, et de me faire rompre un mariage que vous avez conclu ; mais, pour peu que vous daigniez seconder le désir qu'elle a de me rendre heureux, elle consentira volontiers à m'épouser.
LISIMON.
La voici. Je vais la faire expliquer, et vous verrez que vous n'êtes qu'un sot.