‹ Théatre choisiChapitre 91 sur 471 · LISIMON, JULIE, NÉRINE, VALÈRE · texte numérisé non relu

LISIMON, JULIE, NÉRINE, VALÈRE

LISIMON.

Vous venez à propos, mademoiselle,

JULIE

Qu'avez- vous, messieurs? Vous me paraissez agités l'un et l'autre.

LISIMON.

Le moyen d'être tranquille dans une maison où vous êtes? Une jolie femme met le désordre partout. Vous êtes cause que mon fils me manque de respect.

VALÈRE

Si j'ai pu vous offenser, mon père, la cause en est trop belle, pour que vous ne me pardonniez pas.

8 4 l'obstacle imprévu;

JULIE, à Nérine.

Ils sont brouillés, Nérine, nous gagnerons du temps.

LISIMON.

Vous savez que je suis dans le dessein de vous épouser, et que je vous ai proposé cette affaire?

JULIE

Oui , monsieur , vous m'avez fait beaucoup d'honneur, et fort peu de plaisir.

VALÈRE, à part.

Bien répondu,

LISIMON.

Vous pourriez, ce me semble, parler plus honnêtement.

NÉRINE

Voulez -VOUS que mademoiselle vous dise qu'elle vous aime? Cela serait obligeant, mais cela ne serait pas véritable.

LISIMON.

De quoi te môles- tu? C'est toi qui lui inspires Téloignement qu'elle a pour moi.

Oh I non, monsieur, cela m'est venu tout naturellement !

VALÈRE, à part.

Fort bien.

NÉRINE

Vous voyez qu'il n'y a rien d'emprunté dans ce discours ; c'est la pure nature. Mademoiselle trouve qu'il n'y a nul rapport d'elle à vous; que plus vous ferez d'efforts pour avoir son cœur et sa main, plus vous lui paraîtrez ridicule et désagréable; que si vous la forcez à vous épouser, d'une très honnête fille, vous en ferez une très malhonnête femme. Est-ce moi qui lui inspire tout cela?

LISIMON.

Et qui donc?

NÉRINE

C'est la nature. Mademoiselle jette les yeux sur vous et sur monsieur votre fils : elle voit que vous avez l'air d'un père de famille; que monsieur a l'air d'un homme qui doit songer à le devenir; que votre temps est passé; qu'il entre dans le

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