‹ Théatre choisiChapitre 93 sur 471 · JULIE, VALÈRE, NÉRINE · texte numérisé non relu

JULIE, VALÈRE, NÉRINE

VALÈRE

Pour le coup, me voilà sûr de vous épouser ; car je ne crois pas que vous balanciez entre mon père et moi. Je ne l'aurais jamais soupçonné d'être si raisonnable.

JULIE, à Nérine.

Ah, Nérine! Dans quel embarras me suis-je jetée moi-même?

Ma foi, mademoiselle, puisque la faute est faite, il faut la boire de bonne grâce.

JULIE

Je suis, par mon imprudence, dans la nécessité d'épouser Valère, ou...

NÉRINE

Voyez le grand malheur! Je voudrais bien être dans cette nécessité-là, moi.

JULIE

Je n'en ferai rien cependant.

VALÈRE

Vous consultez longtemps ensemble? Parbleu ! ce serait quelque chose de nouveau, de voir une personne de votre âge mettre en comparaison le père avec le fils ! Je vous crois trop délicate et trop sensée, pour me faire une pareille injure.

JULIE

Eh bien! monsieur, je vous épouserai, si vous portez la comtesse et Angélique à vous rendre votre parole, et à venir me dire, elles-mêmes, qu'elles consentent à notre mariage ; sans cela, n'espérez rien. J'aime mieux souffrir toutes sortes

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