JULIE, VALÈRE, NÉRINE
VALÈRE
Pour le coup, me voilà sûr de vous épouser ; car je ne crois pas que vous balanciez entre mon père et moi. Je ne l'aurais jamais soupçonné d'être si raisonnable.
JULIE, à Nérine.
Ah, Nérine! Dans quel embarras me suis-je jetée moi-même?
Ma foi, mademoiselle, puisque la faute est faite, il faut la boire de bonne grâce.
JULIE
Je suis, par mon imprudence, dans la nécessité d'épouser Valère, ou...
NÉRINE
Voyez le grand malheur! Je voudrais bien être dans cette nécessité-là, moi.
JULIE
Je n'en ferai rien cependant.
VALÈRE
Vous consultez longtemps ensemble? Parbleu ! ce serait quelque chose de nouveau, de voir une personne de votre âge mettre en comparaison le père avec le fils ! Je vous crois trop délicate et trop sensée, pour me faire une pareille injure.
JULIE
Eh bien! monsieur, je vous épouserai, si vous portez la comtesse et Angélique à vous rendre votre parole, et à venir me dire, elles-mêmes, qu'elles consentent à notre mariage ; sans cela, n'espérez rien. J'aime mieux souffrir toutes sortes