‹ Théatre choisiChapitre 94 sur 471 · VALÈRE, NÉRINE · texte numérisé non relu

VALÈRE, NÉRINE

Morbleu 1 je n'en veux pas avoir le démenti I Je r épouserai pour la faire enrager, aussi 'bien que mon père. Mais, Nérine, je te prie de m'écouter un moment. Comment se peut-il faire que Julie ne m'aime point?

NÉRINE

C'est qu'elle en aime un autre.

VALÈRE

Qui est-il?

NÉRINE

Je vous ferai son portrait en deux mots : c'est le plus joli homme du monde.

VALÈRE

Ne sais-tu point où il est ?

NÉRINE

Eh! non, de par tous les diantres! nous ne savons ce qu'il est devenu ! Le scélérat ! Nous abandonner de la sorte 1 Mais cela doit-il m'étonner? Tous les jolis hommes sont des fripons.

VALÈRE

Oh çà I ma chère Nérine, il faut que tu entres dans mes intérêts, et que tu engages ta maîtresse à ne point exiger de moi que j'obtienne d'Angélique et de sa mère qu'elles consentent à notre mariage.

NÉRINE

Julie ne fera rien sans cela; d'ailleurs, je suis dans les intérêts de son amant, moi qui vous parle.

VALÈRE lui donne une bourse. Pasquin parait, et écoute.

Tiens, Nérine, prends ces trente pistoles, et ne me refuse pas la faveur que je te demande.

NÉRlNË.

Monsieur, vous me faites rougir; mais vous m'ébranlez terriblement.

VALÈRE

Si cela ne suffit pas pour te toucher; je te ferai

tant de bien, que tu seras au comble de tes vœux. [il rembrasse.] Allons, ma chère enfant, il faut se rendre.

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