‹ Théâtre choisi (volume 2)Chapitre 170 sur 488 · ÉVANDRE · texte numérisé non relu

ÉVANDRE

Polyciète est encor chez vous à vous attendre .

Et fût venu lui-même avec moi vous chercher,

Si ma dextérité n'eût su l'en empêcher.

Je vous en donne avis, de peur d'une surprise. -285

Il presse fort.

Mander les chefs de l'entreprise!

Tous deux! en même temps! Vous êtes découverts.

CINNA

Espérons mieux , de grâce.

EMILIE

Ah! Cinna, je te perds!

Et les Dieux, obstinés à nous donner un maître -, Parmi tes vrais amis ont mêlé quelque traître. 290

Il n'en faut point douter, Auguste a tout appris. Quoi"? tous deux! et sitôt que le conseil * est pris!

CINNA

Je ne vous puis celer que son ordre m'étonne: Mais souvent il m'appelle auprès de sa personne : Maxime est comme moi de ses plus confidents*. 295

Et nous nous alarmons peut-être en imprudents*.

EMILIE

Sois moins ingénieux à te tromper toi-même.

Cinna; ne porte point mes maux jusqu'à l'extrême,

Et puisque désormais tu ne peux me venger.

Dérobe au moins ta tête à ce mortel danger; 300

Fuis d'Auguste irrité l'implacable colère.

Je verse assez de pleurs pour la mort de mon père

N'aigris* point ma douleur par un nouveau tourment,

1. Corneille s'est imité ici lui-même, mais il n'a pu retrouver un effet aussi sublime que dans Horace (vers. 411).

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