ACTE III, SCÈNE Vf
Jil prend d'eux les tributs dont il nous enrichit, <A leur impose un joug dont il nous affranchit.
EMILIE
L'indigne ambition que ton cœur se propose!
Pour être plus qu'un roi , tu te crois quelque chose! sa§
\.ux deux bouts de la terre ea est-il un si vain
Ju'il prétende égaler un citoyen romain?
\ntoine sur sa tète attira notre haine
En se déshonorant par l'amour d'une reine;
<Utale, ce grand roi, dans la pourpre blanchi. w,
Qui du peuple romain se nommait i'affrancln,
Quand de toute l'Asie il se lu! vu l'arbitre,
Eût encor moins prisé son trône que ce titre.
Souviens-toi de ton nom, soutiens sa dignité;
Et, prenant d'un Romain la générosité, 'ooo
Sache qu'il n'en est point que le ciel n'ait t'ait naître
Pour commander aux rois, et pour vivre sans maître.
CI NX A
Le ciel a trop fait voir en de tels attentats
Qu'il hait les assassins et punit les ingrats:
Et quoi qu'on entreprenne, et quoi qu'on exécute . leos
Quand il élève un trône, il en venge la chute;
11 se met du parti de ceux qu'il fait régner ;
Le coup dont on les tue est longtemps à saigner;
Et quand à les punir il a pu se résoudre,
lie pareils châtiments n'appartiennent qu'au foudre f. 1010
KMIL1E
Dis que de leur parti toi-même tu te rends, De te remettre 2 au foudre à punir les tyrans. Je ne t'en parle plus, va, sers la tyrannie: Abandonne ton âme à son lâche génie*:
Et. pour rendre le' calme à ton esprit flottant. ioi.j
Oublie et ta naissance et le prix qui t'attend. Sans emprunter ta main pour servir ma colère, Je saurai bien venger mon pays et mon père. J'aurais déjà l'honneur d'un si fameux trépas, Si l'amour jusqu'ici n'eût arrêté mon bras; 1020
(Test lui qui, sous tes lois me tenant asservie, M'a fait en ta faveur prendre soin de ma vie : Seule contre un tyran, en le faisant périr,