‹ Théâtre choisi (volume 2)Chapitre 233 sur 488 · ACTE I, SCÈNE III · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE III

Mais ce cœur a pourtant ses fonctions diverses, Et la loi de l'hymen qui vous tient assemblés N'ordonne pas qu'il tremble alors que vous tremblez. 1 Ce qui fait vos frayeurs ne peut le mettre en peine; |I1 est Arménien, et vous êtes Romaine, Et vous pouvez savoir que nos deux nations j .N'ont pas sur ce sujet mêmes impressions1. Un songe en notre esprit passe pour ridicule, Il ne nous laisse espoir, ni crainte, ni scrupule; .Mais il passe dans Rome avec autorité Pour fidèle miroir de la fatalité'2.

PAULINE

Quelque peu de crédit que chez vous il obtienne, Je crois que ta frayeur égalerait la mienne Si de telles horreurs t'avaient frappé l'esprit, Si je t'en avais fait seulement le récit.

STRATOXICE

Ia raconter3 ses maux souvent on les soulage.

PAULLNE

Ecoute; mais il faut te dire davantage, ■Et que, pour mieux comprendre un si triste discours. Iru saches ma faiblesse et mes autres amours : i 'ne femme d'honneur peut avouer sans honte Les surprises des sens que la raison surmonte; Le n'est qu'en ces assauts qu'éclate la vertu, (lit l'on doute d'un cœur qui n'a point combattu*. I Dans Rome, où je naquis, ce malheureux visage |)'un chevalier romain captiva le courage*; ni s'appelait Sévère : excuse les soupirs Iju'arrache encore un nom trop cher à mes désirs*.

STRATOXICE

llst-ce lui qui naguère aux dépens de sa vie ■Lauva des ennemis votre empereur Décie, !>ui k'iir tira mourant la victoire des mains, lit fit tourner le sort des Perses aux Romains? Mi, qu'entre tant de morts immolés à son maître,

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