‹ Théâtre choisi (volume 2)Chapitre 285 sur 488 · SCÈNE VI SÉVÈRE, FABIAN · texte numérisé non relu

SCÈNE VI SÉVÈRE, FABIAN

Qu'est ceci, Fabian? quel nouveau coup de foudre Tombe sur mon bonheur, et le réduit en poudre ! Plus je l'estime près, plus il est éloigné; Je trouve tout perdu quand je crois tout gagné; Et toujours la fortune, à me nuire obstinée, Tranche* mon espérance aussitôt qu'elle est née; Avant qu'offrir2 des vœux je reçois des refus : Toujours triste, toujours et honteux et confus De voir que lâchement elle ait osé renaître, Qu'encor plus lâchement elle ait osé paraître; Et qu'une femme enfin dans la calamité Me fasse des leçons de générosité.

Votre belle àme est haute autant que malheureuse, Mais elle est inhumaine autant que généreuse, 1380

Pauline; et vos douleurs avec trop de rigueur D'un amant tout à vous tyrannisent le cœur. C'est donc peu de vous perdre, il faut que je vous donne3;

Félix. Elle va plus loin : elle n'hésite pas à croire que Sévère ne s'emploie à sauver Polyeucte. Quelle grandeur d'âme !

1. Pauline a dû évoquer de troublants souvenirs : elle part brusquement, sans

attendre la réponse. Tout dénote en elle cette admirable santé morale dont elle parlait elle-même tout à l'heure (vers 1345).

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