FELIX, SÉVÈRE, PAULINE, ALBIN, FABIAX
SEVERE
Père dénaturé, malheureux politique,
Esclave ambitieux d'une peur chimérique;
Polyeucte est donc mort ! et par vos cruautés
Vous pensez conserver vos tristes dignités!
La faveur que pour lui je vous avais offerte,
Au lieu de le sauver, précipite sa perte!
J'ai prié, menacé, mais sans vous émouvoir;
Et vous m'avez cru fourbe, ou de peu de pouvoir!
Eh bien! à vos dépens vous verrez que Sévère
Ne se vante jamais que de ce qu'il peut faire ;
Et par votre ruine il vous fera juger
Que qui peut bien vous perdre eût pu vous protéger.
Continuez aux dieux ce service fidèle;
Par- de telles horreurs montrez-leur votre zèle. Qua\3u ; mais quand l'orage éclatera sur vous, 0uailoutez point du bras dont partiront les coups1.
Par s . FÉLIX
tez-vous, Seigneur, et d une àme apaisée
ju ri'rez que je vous livre une vengeance aisée.
gt ,.e me reprochez plus que par mes cruautés
Df tâche à2 conserver mes tristes dignités;
ye dépose à vos pieds l'éclat de leur faux lustre.
pelle où3 j'ose aspirer est d'un rang plus illustre;
Je m'y trouve forcé par un secret appas;
Je cède à des transports que je ne connais pas;
Et, par un mouvement que je ne puis entendre,
De ma fureur je passe au zèle de mon gendre.
C'est lui, n'en doutez point, dont le sang innocent
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Kl
1. V. Gr.. 16. Sévère, dont les intentions ont été si indignement calomniées , se venge en faisant entendre à Félix les pins cruelles vérités : père dénaturé. vsdaci- ambitieux: il ne fallait pas moins que ce terrible réquisitoire pour faire rentrer Félix en lui-même , et il
se trouve ainsi que le discours de • païen est le moyen inattendu dont ■ sert la grâce pour pénétrer dans »
cœur.