‹ Théâtre choisi (volume 2)Chapitre 347 sur 488 · EMPEREUR D'ORIENT · texte numérisé non relu

EMPEREUR D'ORIENT

Tragédie

La tragédie d'Héraclias, tirée d'un des plus confus épisodes des annales byzantines dans Baronius, est un de ces drames implexes et savamment embrouillés où se complaisait le génie laborieux de Cor- : neille. Il n'avait pas tort cependant d'assurer que l'entière intelligence de la pièce ménageait une agréable compensation à ceux qui en feraient une sérieuse étude.

L'usurpateur Pbocas a fait périr Maurice, empereur d'Orient, et croit avoir tué Héraclius, le fils de Maurice; mais Héraclius a été sauvé par une dame du palais, Léontine. Il se trouve que c'est à cette même Léontine que Phocas confie son propre fils, âgé de quelques mois, comme Héraclius : pour rétablir sur le trône la postérité de Maurice, elle substitue un enfant à l'autre. Vingt ans après, à la suite d'une demi-révélation, Phocas soupçonne la substitution, et les deux jeunes gens croient être l'un et l'autre le véritable Héraclius. Phocas veut arracher son secret à Léontine; elle reste impénétrable, et déGe l'usurpateur de pouvoir distinguer son fils de son ennemi. Il s'adresse aux deux jeunes gens : tous deux répudient le triste honneur d'être nés d'un tyran, et aiment mieux périr iilsde Maurice que vivre fils de Phocas Rien n'est plus dramatique que de voir livré aux émotions les plus déchirantes le cœur dur de ce tyran qui est cependant un père.

Avant ce pathétique monologue, qui est le point culminant de la pièce, quelques intéressantes scènes d'exposition méritent d'être citées.

Page 1