‹ Théâtre choisi (volume 2)Chapitre 348 sur 488 · PHOCAS, CRISPE · texte numérisé non relu

PHOCAS, CRISPE

PHOCAS

Crispe, il n'est que trop vrai, la plus belle cour®rme N'a que de faux brillants dont l'éclat l'environne;

1. Crispe, gendre de Phocas, est à la f fesse tranquillement 'la politique la cour de Byzauce ce que, Pliotin est | plus brutale : La i-ioJence est juste où auprès de Ptolomée, en Egypte : un I fa douceur est vaine. conseiller cynique et retors qui pro- I

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Et celui dont le ciel pour un sceptre fait choix,

Jusqu'à ce qu'il le porte en ignore le poids.

Mille et mille douceurs y semblent attachées,

Qui ne sont qu'un amas d'amertumes cachées;

Qui croit les posséder les sent s'évanouir.

Et la peur de les perdre empêche d'en jouir :

Surtout qui, comme moi, d'une obscure naissance

Monte par la révolte à la toute-puissance,

Qui de simple soldat à l'empire élevé,

Ne l'a que par le crime acquis et conserva,

Autant que sa fureur s'est immolé de tètes,

Autant dessus la cienne il croit voir de tempêtes;

Et comme il n'a semé qu'épouvante et qu'horreur,

Il n'en recueille enfin que trouble et que terreur.

J'en ai semé beaucoup; et depuis quatre lustres

Mon trône n'est fondé que sur des morts illustres;

Et j'ai mis au tombeau pour régner sans effroi

Tout ce que j'en ai vu de plus digne que moi.

Mais le sang répandu de l'empereur Maurice,

Ses cinq fils à ses yeux envoyés au supplice,

En vain en ont été les premiers fondements,

Si pour m'ôter ce trône ils servent d'instruments.

On en fait revivre un au bout de vingt années.

Byzance ouvre, dis-tu, l'oreille à ces menées:

Et le peuple, amoureux de tout ce qui me nuit,

D'une croyance avide embrasse ce faux bruit,

Impatient déjà de se laisser séduire'

Au premier imposteur armé pour me détruire.

Qui, s'osant revêtir de ce fantôme aimé,

Voudra servir d'idole à son zèle charme".

Mais sais-tu sous quel nom ce fâcheux bruit s'excite?

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