Il = Flaminius : en = le sénat
sa grandeur — celle de Nicomède.
380 NICOMEDE
CLÉONE
Attale à ce dessein entreprend sa maîtresse"1 1
Mais que n'agissait Rome avant que le retour 32s
De cet amant si cher affermît son amour?
ARSINOÉ
Irriter un vainqueur en tète d'une armée
Prête à suivre en tous lieux sa colère allumée.
C'était trop hasarder; et j'ai cru pour le mieux
Qu'il fallait de son fort l'attirer en ces lieux. 330
Métrobate l'a fait, par des terreurs paniques",
Feignant de lui trahir mes ordres tyranniques,
Et pour l'assassiner se disant suborne,
Il l'a, grâces aux dieux, doucement amené.
Il vient s'en plaindre au roi, lui demander justice;
Et sa plainte le jette au bord du précipice.
Sans prendre aucun souci de m'en2 justifier.
Je saurai m'en servir à me fortifier.
Tantôt en le voyant j'ai fait* de l'effrayée,
J'ai changé de couleur, je me suis écriée : 3'«o
Il a cru me surprendre, et l'a cru bien en vain.
Puisque son retour même est l'œuvre de ma main.
CLÉONE
Mais quoi que Rome fasse et qu'Attale prétende, Le moyen qu'à ses yeux Laodice se rende?
ARSISOÉ
Et je n'engage aussi mon fils en cet amour Qu'à dessein d'éblouir le roi, Rome et la cour.
Je n'en veux pas, Cléone, au sceptre d'Arménie ; Je cherche à m' assurer celui de Bithynie; Et si ce diadème une fois est à nous, Que cette reine après se choisisse un époux. Je ne la vais presser que pour la voir rebelle. Que pour aigrir* les cœurs de son amant et d'elle. Le roi, que le Romain poussera vivement, De peur d'offenser Rome agira chaudement; Et ce prince, piqué d'une juste colère, S'emportera sans doute, et bravera son père. S'il est prompt et bouillant, le roi ne l'est pas moins; Et comme à l'échauffer j'appliquerai mes soins,
1. Entendez : Attale, pour exécu- | mède. Au yers suivant, que = ter ce dessein, entreprend de conque- quoi, rir la maîtresse, la fiancée de Nico- I 2. En = de sa plainte.