‹ Théâtre choisi (volume 2)Chapitre 424 sur 488 · ARS1X0É · texte numérisé non relu

ARS1X0É

Grâce, grâce, Seigneur, à notre unique appui ! Grâce à tant de lauriers en sa main si fertiles! Grâce à ce conquérant, à ce preneur de villes". Grâce...

N1C0MÈDE

De quoi, Madame? est-ce d'avoir conquis Trois sceptres, que ma perte expose* à votre fils? D'avoir porté si loin vos armes dans l'Asie, Que même votre Rome en a pris jalousie? D'avoir trop soutenu la majesté des rois? Trop rempli votre cour du bruit de mes exploits? Trop du grand Annibal pratiqué les maximes? S'il faut grâce pour moi, choisissez de mes crimes : Les Voilà tous, Madame; et si vous y joignez D'avoir cru des méchants par quelque autre gagnés, D'avoir une âme ouverte, une franchise entière. Qui dans leur artifice, a manqué de lumière, C'est gloire et non pas crime à qui ne voit le jour Qu'au milieu d'une armée et loin de votre cour. Qui n'a que la vertu de son intelligence2. Et vivant sans remords marche sans défiance.

ARSIKOÉ

Je m'en dédis, Seigneur : il n'est point criminel. S'il m'a voulu noircir d'un opprobre éternel, Il n'a fait qu'obéir à la haine ordinaire Qu'imprime à ses pareils le nom de belle-mère. De cette aversion son cœur préoccupé* M'impute tous les traits dont il se sent frappé. Que son maître Annibal, malgré la foi publique. S'abandonne aux fureurs* d'une terreur panique;

1. Perdre un ennemi sous couleur de le louer, en lui prodiguant des éloges qui exaspèrent la colère du maître, c'est précisément ce qu Arsinoé appelait

tout à l'heure savoir la cour (1113t.

2. Entendez : il n'a que la vertu d'intelligence avec lui; tout le reste lui est contraire.

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