Lui = Nicomède, et, au vers précédent, lui = Attale
3. Saint-Simon n'a pas mieux dépeint « les ruses et les souterrains de la
cour ».
4. La réponse de Prusias n'est pas d'un comique moins achevé que le reproche d'Orgon à Damis sur son ingratitude pour ce bon monsieur Tartuffe :
« Ton cœur ne se rend point, ingrat ! ï>
NICOMEDE
Que par mon propre bras elle amassait pour lui,
Et préparait dès lors ce qu'on voit aujourd'hui. 1-210
Par quelques sentiments qu'elle ait été poussée.
J'en laisse le ciel juge, il connaît sa pensée;
Il sait pour mon salut comme elle a fait des vœux;
Il lui rendra justice, et peut-être à tous deux.
Cependant, puisqu'entin l'apparence est si belle, 1213
Elle a parlé pour moi, je dois parler pour elle, Et pour son intérêt vous faire, souvenir Que vous laissez longtemps deux méchants à punir. Envoyez Métrobate et Zenon au supplice.
Sa gloire attend de vous ce digne sacrifice : '-2-20
Tous d'eux l'ont accusée; et s'ils s'en sont dédits Pour la faire innocente et charger votre fils, Ils n'ont rien fait pour eux, et leur mort est trop juste Après s'être joués1 d'une personne auguste. L'offense une fois faite à ceux de notre rang Ne se répare point- que par des flots de sang : On n'en fut jamais quitte ainsi pour s'en dédire. Il faut sous les tourments que l'imposture expire: Ou vous exposeriez tout votre sang royal A la légèreté d'un esprit déloyal.
L'exemple est dangereux et hasarde nos vies. S'il met en sûreté de telles calomnies.
ARSJNOÉ
Quoi ! Seigneur, les punir de la sincérité
Qui soudain dans leur bouche a mis la vérité ,
Qui vous a contre moi sa fourbe découverte3, 123."
Qui vous rend votre femme et m'arrache à ma perte.
Qui vous a retenu d'en prononcer l'arrêt;
Et couvrir tout cela de mon seul intérêt!
C'est être trop adroit, prince, et trop bien l'entendre.
PRUSIAS
Laisse là Métrobate, et songe à te défendre. 1210
Purge-toi d'un forfait si honteux et si bas.
NICOMÈDE
M'en purger*! moi, Seigneur! vous ne le croyez pas5 : Vous ne savez que trop qu'un homme de ma sorte,