PRUSIAS, NICOMÈDE, ARASPE
Nicomède, en deux mots, ce désordre me fâche.
Quoi qu'on t'ose imputer, je ne te crois point lâche :
Mais donnons quelque chose à Rome qui se plaint,
Et tâchons 'd'assurer la reine qui te craint. 1310
J'ai tendresse pour toi, j'ai passion pour elle;
Et je ne veux pas voir cette haine éternelle,
Ni que des sentiments que j'aime à voir durer1
Ne régnent dans mon cœur que pour le déchirer.
J'y veux mettre d'accord l'amour et la nature, i3i>
Etre père et mari dans cette conjoncture...
NICOMÈDE
Seigneur, voulez-vous bien vous en fier à moi? Ne soyez l'un ni l'autre.
PRUSIAS
Et que dois-je être?
NICOMÈDE
Roi2.
Reprenez hautement ce noble caractère.
Un véritable roi n'est ni mari ni père; 13-20
Il regarde son trône, et rien de plus. Régnez, Rome vous craindra plus que vous ne la craignez. Malgré cette puissance et si vaste et si grande, Vous pouvez déjà voir comme elle m'appréhende, Combien en me perdant elle espère gagner, i3-2.>
Parce qu'elle prévoit que je saurai régner.
Je règne donc, ingrat! puisque tu me l'ordonnes :
Choisis, ou Laodice, ou mes quatre couronnes.
Ton roi fait ce partage entre ton frère et toi;
Je ne suis plus ton père, obéis à ton roi. 1330
NICOMÈDE
Si vous étiez aussi le roi de Laodice,
Pour l'offrir à mon choix avec quelque justice,