SUPPLÉMENT
pes etmème d'enjambements dans plus d'une de ses pièces, et en particulier dans Polyeucle dont la versification offre une merveilleuse aisance :
Je le sais,! mais enfin je vous aime| et je crains...
Adieu, | trop vertueux objet| et trop charmant...
Quittez cette chimère et m'aimez. | Je vous aime
Beaucoup moins que mon Dieu,| mais bien plus que moi-même...
Cette ardeur | que dans les yeux, je porte,
Sais-tu que c'est son sangi, le sais-tu'?...
On l'a pris) tout bouillant encor de sa querelle...
Pour me l'immoler, |traitre, et tu veux que moi-même
Je retienne ta main?|
Et que dois-je être"? — Roi...
Et je le garde. — A qui, Carlos. — A mon vainqueur...
2° Vers libres. Corneille est, avec Molière et La Kontaine, un des maîtres dans l'art si difficile du vers libre. Une ingénieuse et souple combinaison des vers de douze, de dix et de huit pieds fait de Psyché une merveille de versification, digne d'être comparée aux plus belles pages de l'Amphitryon ou des Fables.
Source de tous les biens, inépuisable et pure,
Maître des hommes et des dieux...
Vous'soupirez, Seigneur, ainsi que je soupire, C'est à moi de m'en taire, à vous de me le dire, Et cependant c'est moi qui vous le dis.
3° Strophes. Corneille a plus d'une fois intercalé dans ses pièces des stances ou couplets lyriques, soit en vers inégaux à rimes croisées (stances de Rodrigue et de l'Infante dans leCid; stances dans Médée, Hèraclius, Œdipe; monologues, billets ou qua'rains dans la plupart des comédies), soit en alexandrins à rimes croisées [Horace, 195), ou à rimesplates (le Cid, 1001.) Il faut faire une place à part pour lesstances de Polyeucte, dont la forme est à la fois si originale et si harmonieuse (5 vers de 12 pieds et 5 vers de 8 pieds), et qui sont d'autre part le type accompli du lyrisme dramatique.