‹ Théatre choisi (volume 3)Chapitre 126 sur 373 · ACTE IV, SCÈNE VI · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE VI

Si c'est te faire tort que de m'en défier, \ ions mourir avec moi pour lo justifier.

MAXIME

Vivez, belle ^Emilie, et souflrez qu'un esclave...

vKMlLIK.

Je ne t'ccoule plus qu'en présence d'Oclavf. Allons, Fulvie, allons.

SCÉXK M

M\X1.MK.

Désespéré, confus.

Et digne, s'il se peut, d'un plus cruel refus. Que résous-tu, Maxime ? et quel esl le supplice Que ta vertu pré[»are à ton vain aitilice ? Aucune illusion w te doit plus flatter ; iEmilie en mourant va tout faire éclater; Sur un même échafaud la perle de sa vie Étalera sa jrloire et ton it^'uominie.

Et sa mort va laisser à la i^ostérilé L'infâme souvenir de ta déloyauté.

Un même jour l'a vu, par une fausse adresse. Trahir ton souverain, ton ami, ta maîtresse. Sans que de tant de droits en un jour violés. Sans que de deu:c amants au tvran immolés, 11 te reste aucun fruit (jue la honte et la râpe Qu'un remords inutile allume en ton courag'e. Euphorbe, c'est l'effet de tes lâches conseils ; Mais que peut-on attendre onlin de tes pareils? Jamais un affranchi n'est tpi'iin esclave infâme Bien qu'il change d'état, il ne change point d'âme; La tienne, encor servile, avec la liberté N'a pu prendre un rayon do générosité; Tu m'as fait relever une injuste puissance; Tu m'as fait démentir l'honneur de ma naissance; Mon cœur te résistait, et tu l'as combattu Jus(]u"à ce que ta fourbe ait souillé sa vertu. Il m'en coûte la vie, il m'en coule la gloire. Et j'ai tout mérité pour l'avoir voulu croire; Mais les dieux permettront à mes ressentiments De te sacrifier aux yeux des deux amants, Et j'ose m'assurer qu'en dépit de mon crime Mon sang leur servira d'assez pure victime, Si dans le tien mon bras, justement irrité, Peut laver le forfait de l'avoir écoulé.

130 CINNAj TRAGÉDIE.

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