‹ Théatre choisi (volume 3)Chapitre 127 sur 373 · SCÈNE I · texte numérisé non relu

SCÈNE I

AUGUSTE, CLNNA.

AUGUSTE

Prends un siège, Cinna, prends, et sur toute chose Observe exaclomcnl la loi rpie je t'impose: Prête, sans me troubler, l'oreille à mes discours; D'aucun mot, d'aucun cri, n'en interromps le cours; Tiens ta langue captive; et si ce grand silence A ton émotion fait quelque violence Tu pourras me répondre après tout à loisir: Sur ce point seulement contente mon désir.

CINNA

Je vous obéirai, seigneur.

AUGUSTE

Qu'il te souvienne De gardei- ta parole, et je tiendrai la mienne.

Tu vois le jour, Cinna; mais ceux dont tu le tiens Furent les ennemis de mon père, et les miens: Au milieu de leur camp tu reçus la naissance; Et lorsque api'ès leur mort tu vins en ma puissance, Leur haine enracinée au milieu de ton sein T'avait mis contre moi les armes à la nxain; Tu fus mon ennemi même avant que de nnitre, Et tu le fus encpr quand tu me pus connaître. Et l'inclination jamais n'a démenti Ce sang qui t'avait fait du contraire parti: Autant que tu l'as pu les elfels l'ont suivie; Je ne m'en suis vengé qu'en le donnant la vie ; Je te fis prisonnier pour te combler de biens; Ma cour fut ta prison, mes faveurs les liens: Je te restituai d'abord ton patrimoine:

Je t'enrichis après des dépouilles d'Antoine, Et tu sais que depuis, à chaque occasion, Je suis tombé pour toi dans la profusion; Toutes les dignités que tu m'as demandées, Je te les ai sur l'heure et sans peine accordées; Je t'ai préféré même à ceux dont les parents Ont jadis dans mon camii leim les premiers rangs, A ceux qui de leur sang m'ont acheté l'empire, Et qui m'ont conservé le jour que je respire;

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