‹ Théatre choisi (volume 3)Chapitre 207 sur 373 · ACHILLAS · texte numérisé non relu

ACHILLAS

Oui, seigneur; et sa mort a de quoi vous apprendre La honte qu'il prévient et qu'il vous faut attendre. Jugez quel est César à ce courroux si lent. Un moment pousse et rompt un transport violent ; Mais l'indignation qu'on prend avec étude Augmente avec le temps, et porte un coup plus rude ; Ainsi n'espérez pas de le voir modéré ; Par adresse il se fâche après s'être assuré. Sa puissance établie, il a soin de sa gloire. Il poursuivait Pompée, et chérit sa mémoire ; Et veut tirer à soi, par courroux accort, L'honneur de sa vengance et le fruit de sa mort.

PTOLOMÉE

Ah ! si je t'avais cru, je n'aurais pas de maître ; Je serais dans le trône où le ciel m'a fait naître : Mais c'est une imprudence assez commune aux rois^ D'écouter trop d'avis, et se tromper au choix ; Le destin les aveugle au bord du précipice ; Ou si quelque lumière en leur âme se glisse, Cette fausse clarté, dont il les éblouit, Les plonge dans un goufl're et puis s'évanouit.

PHOTIN

J'ai mal connu César ; mais puisqu'on son estime

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