SCENE I
CHIMÈNE, ELVIRE
CHIMÊXE.
N'est-ce point un faux bruit? le sais-tu bien, El vire?
ELVIRE
Vous ne croiriez jamais comme chacun l'admire, Et porte jusqu'au ciel, d'une commune voix, De ce jeune héros les glorieux exploits. Les Maures dcvantlui n'ont paru qu'àleur honte ; Leur abord fut bien prompt, leur fuite encor plus
[prompte; Trois heures de combat laissent à nos guerriers Une victoire entière et deux rois prisonniers. La valeur de leur chef ne trouvait point d'obstacles.
CHIMÈRE
Et la main de Rodrigue a fait tous ces miracles.
ELIVKE.
De ces nobles efforts ces deux rois sont le prix; Sa main les a vaincus, et sa main les a pris.
CIUMÈNE.
De qui peux-tu savoir ces nouvelles étranges?
ELVIRE
Du peuple qui partout fait sonner ses louanges, Le nomme de sa joie et l'objet et l'auteur, Son ange tutélaire et son libérateur.
eu I MÈNE.
Et le roi, de quel rcil voit-il tant de vaillance?
ELVIRE
•Rodrigue n'ose encor jjaraître en sa présence; Mais don Diègue ravi lui présente enchaînés. Au nom de ce vainqueur, ces captifs couronnés, Et demande pour grâce à ce généreux prince (Ju'il daigne voir la main qui sauve la province.
CIllMÈNE.
• Mais n'est-il point blessé ?
ELVIRE
Je n'en ai lien appris.
Vous changez de couleurs ! reprenez vos esprits.