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Vous pouvez toutefois... 0 ciel ! l'osé-je dire?
EMILIE
Que puis-je? et que crains-tu ?
cinxa. «
Je tremble, je soupire, Et vois que si nos cœurs avoient mêmes désirs *, Je n'aurois pas besoin d'expliquer mes soupirs. 920
Ainsi je suis trop sûr que je vais vous déplaire ; liais je n'ose parler, et je ne puis me taire *•
EMILIE
C'est trop me gêner, parle.
CDfKA.
Il faut vous obéir :
Je vais donc vous déplaire, et vous m'allez haïr.
Je vous aime, Emilie, et le ciel me foudroie 925
Si cette passion ne fait toute ma joie, Et si je ne vous aime avec toute l'ardeur Que peut un digne objet attendre d'un grand cœur * l Mais voyez à quel prix vous me donnez votre âme : En me rendant heureux vous me rendez infâme ; 050
Celte bonté d'Auguste...
EMILIE
H suffit, je t'entends ; Je vois ton repentir et tes vœux inconstants : Les faveurs du tyran emportent tes promesses; Tes feux et tes serments cèdent à ses caresses ; Et ton esprit crédule ose s'imaginer 935
Qu'Auguste, pouvant tout, peut aussi me donner. Tu me veux de sa main plutôt que de la mienne ;
1. Var. Et si nos cœurs étoient conformes en désirs. (1643-56)
2. Var. Mais je n'ose parler, et je ne me puis taire. (1643-56)