‹ Théâtre classique, contenant le Cid, Horace, Cinna, Polyeucte, de P. Corneille; Britannicus, Esther, Athalie, de J. Racine; Mérope, de Voltaire; le Misanthrope, de MolièreChapitre 226 sur 619 · POLYEUCTE, NÉARQUE · texte numérisé non relu

POLYEUCTE, NÉARQUE

NÉ ARQUE.

Quoi ? tous tous arrêtez aux songes d'une femme ! De si foibles sujets troublent cette grande âme t El ce cœur tant de fois dans la guerre éprouvé S'alarme d'un péril qu'une femme a rêvé!

1. « Quand on passe de Cinna à Polyeucte, dit Voltaire, on se trouve dans un monde tout différent; mais les grands poètes, ainsi crue les grands peintres, savent traiter tous les sujets. C'est une chose assez connue que Corneille ayant lu sa tragédie de Polyeucte chez M~ de Rambouillet, où se rassemblaient alors

iéce y fut condamnée d'une prenait à l'auteur dans cette ; député de 'toute l'assemblée, pour engager Corneille à ne pas faire représenter cet ouvrage. Il est diflicile de démêler ce qui put porter les hommes du royaume qui avaient le plus de ffoût et de lumières à juger si singulièrement : furent-ils persuades qu'un martyr ne pou voit jamais réussir sur le théâtre? c'était ne pas connaître le peuple. Croyaient-ils çrae les défauts, que leur sagacité leur faisait remarquer révolteraient le public ? c'était tomber dans la même erreur qui avait trompé les censeurs du Cid : ils examinaient le Cid par l'exacte raison, et ils ne voyaient pas qu'au spectacle on juge par sentiment. »

PAULINE

liais mon déplaisir ne vous peut émouvoir I 115

Vous avez des secrets que je ne puis savoir 1 Quelle preuve d'amour ! au nom de l'hyménée, Donnez à mes soupirs cette seule journée.

Un songe vous fait peur 1

Ses prêtes sont Tains, Je lésais; mais enfin je vous aime, et je crains. 120

Ne craignez rien de mal pour une heure d'absence. Adieu : vos pleurs sur moi prennent trop de puissance; Je sens déjà mon cœur prêt à se révolter, Et ce n'est qu'en fuyant que j'y puis résister. *

Page 1