‹ Théâtre classique, contenant le Cid, Horace, Cinna, Polyeucte, de P. Corneille; Britannicus, Esther, Athalie, de J. Racine; Mérope, de Voltaire; le Misanthrope, de MolièreChapitre 237 sur 619 · ACTE II, SCÈNE II · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE II

De quoi puis-je accuser qui ne m'a rien promis?

Elle n'est point parjure, elle n'est point légère : 445

Son devoir m'a trahi, mon malheur, et son père.

Mais son devoir fut juste, et son père eut raison :

J'impute à mon malheur toute la trahison ;

Un peu moins de fortune, et plus tôt arrivée,

Eût gagné l'un par l'autre, et me l'eût conservée; 450

Trop heureux, mais trop tard, je n'ai pu l'acquérir

Laisse-la-moi donc voir, soupirer, et mourir.

Oui, je vais l'assurer qu'en ce malheur extrême

Vous êtes assez fort pour vous vaincre vous-même.

Elle a craint comme moi ces premiers mouvements 455

Qu'une perte imprévue arrache aux vrais amants.

Et dont la violence excite assez de t rouble,

Sans que l'objet présent l'irrite et le redouble1.

SÉVÈRE

Fabian, je la vois.

Seigneur, souvenez-vous....

SÉVÈRE

Hélas 1 elle aime un autre; un autre est son époux. 460

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