‹ Théâtre classique, contenant le Cid, Horace, Cinna, Polyeucte, de P. Corneille; Britannicus, Esther, Athalie, de J. Racine; Mérope, de Voltaire; le Misanthrope, de MolièreChapitre 287 sur 619 · C'est la préface de 10T6 et des éditions suivantes · texte numérisé non relu

C'est la préface de 10T6 et des éditions suivantes

8. Comme avait Tait Corneille dans une de ses éditions du Ct$, et plus tard de la Mort de Pompée.

s. a Formée par la nature i voiler sa haine sous de fausses caresses. » (Tacite, Annale*, livre XIV, chap. lvi.)

un mot, c'est ici un monstre naissant, mais qui n'ose encore se .déclarer, et qui cherche des couleurs à ses méchantes actions: H ac tenus Nero flagitiis et sceleribus velamenta quxsivit*. 11 ne pouvoit souffrir Octavie, princesse d'ane bonté et d'une vertu exemplaire: Fato quodam, an quia prxvalent illicita; metuebaturque ne in stupra feminarum illustrium prorumperet*.

Je lui donne Narcisse pour confident. J'ai suivi en cela Tacite, qui dit que Néron porta impatiemment la mort de Narcisse, parce que cet affranchi avoit une conformité merveilleuse avec les vices du prince encore cachés : Cujus abditis adhue vitiit mire congruebat*. Ce passage prouve deux choses : il prouve et que Néron étoit déjà vicieux, mais qu'il dissimuloit ses vices, et que Narcisse l'entretenoit dans ses mauvaises inclinations.

J'ai choisi Burrhus pour opposer un honnête homme à cette peste de cour ; et je l'ai choisi plutôt que Sénéque. En voici la raison : ils étoient tous deux gouverneurs de la jeunesse de Néron, l'un pour les armes, l'autre pour les lettres ; et ils étoient fameux, Burrhus pour son expérience dans les armes et pour la sévérité de ses mœurs, militaribus curis et severitate morum; Sénéque pour son éloquence et le tour agréable de son esprit, Seneca prxceptis eloquentim et comitate honesta A. Burrhus, après sa mort, fut extrêmement regretté à cause de sa vertu : Civitati grande desiderium ejus tnansit per memoriam virtutis*.

Toute leur peine étoit de résister à l'orgueil et à la férocité d'Agrippine, qum, cunctis mal» domination** cupidinibus flagrant, habebat in partibut Pallantem*, Je ne dis que ce mot d'Agrippine, car il y auroit trop de choses à en dire. C'est elle que je me suis surtout efforcé de bien exprimer, et ma tragédie n'est pas moins la disgrâce d'Agrippine que la mort de Britannicus. Cette mort fut un coup de foudre pour elle, et il parut, dit Tacite, par sa frayeur et par sa consternation, qu'elle étoit aussi innocente de cette mort qu'Octàvie. Agrippine perdoit en lui sa dernière espérance, et ce crime lui en faisoit craindre un plus grand : Sibi supremum auxilium ereptum, et parricidii exemplum intelligebaï1.

t. «Néron jusque-là chercha & voiler ses vices et ses crimes. » (Tacite, Annales, livre XIII, chap. xlvii.)

f. «Soit fatalité, soit attrait des plaisirs défendus; et l'on craignait que, dans l'emportement de ses passions, il ne déshonorât les femmes de la plus illustre naissance. {Ibidem, livre XIII, chap. xu.)

S. Annales, livre XIII, chap. i. Racine vient de traduire cette phrase.

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