‹ Théâtre classique, contenant le Cid, Horace, Cinna, Polyeucte, de P. Corneille; Britannicus, Esther, Athalie, de J. Racine; Mérope, de Voltaire; le Misanthrope, de MolièreChapitre 379 sur 619 · AMAS · texte numérisé non relu

AMAS

Ah ! que ce temps est long à mon impatience! 465

C'est lui, je te veux bien confier ma vengeance,

C'est lui qui, devant moi refusant de ployer,

Les a livres au bras qui les va foudroyer.

C'étoit trop peu pour moi d'une telle victime5 :

La vengeance trop foible attire un second crime. 470

Un homme tel qu'Aman, lorsqu'on l'ose irriter,

Dans sa juste fureur ne peut trop éclater.

Il faut des châtiments dont l'univers frémisse ;

Qu'on tremble en comparant l'cffense et le supplice:

Que les peuples entiers dans le sang soient noyés. 475

Je veux qu'on dise un jour aux siècles effrayés :

« II fut des Juifs, il fut une insolente race ;

Répandus sur la ttrre, ils en couvroient la face;

Un seul osa d'Aman attirer le courroux,

Aussitôt de la terre ils disparurent tous. » 480

1. Ce trait est emprunté à l'histoire ordinaire de l'Orient; mais le livre à'Esther ne dit point qu'Aman eut commencé par l'esclavage.

2. « Et expos i> it illis magnitudinem divitiarum suarum, filiommque turbam, et quanta eum gloria super omnes principes et

servos suos Rex elevasset. Et post haec ait : Cum haec oinnia

habeam, nihil me habere puto, quamdiu videro Mardochœum Judceum sedentem ante fores regias. » (Esther, v, 11-13.)

3. « Et pro nihilo duxit in unum Mardochœum mit» ère manus suas : audierat enim quod esset pentis ludaeœ, magisque voluit omnem Judaeorum, qui erant in regno Assueri, perdere nationem. » (Ibidem, m, 6.) B Y

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