‹ Théâtre classique, contenant le Cid, Horace, Cinna, Polyeucte, de P. Corneille; Britannicus, Esther, Athalie, de J. Racine; Mérope, de Voltaire; le Misanthrope, de MolièreChapitre 38 sur 619 · ACTE II, SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE VIII

Descendoient au tombeau tous chargés d'infamie,

Si je n'eusse produit un tils digne de moi, 7 1 5

Digne de son pays et digne de son Roi.

Il nra prêté sa main, il a lue le Comte ;

Il m'a rendu l'iionneur, il a lavé ma honte.

Si montrer du courage et du ressentiment,

Si venger un soufflet mérite un châtiment, 720

Sur moi seul doit tomber l'éclat de la tempête:

Quand le bras a failli, Ton en punit la tête.

Qu'on nomme crime, ou non, ce qui fait nos débats *,

Sire, j'en suis la tête, il n'en est que le bras.

Si Chimène se plaint qu'il a tué son père,

11 ne l'eût jamais fait si je l'eusse pu faire.

Immolez donc ce chef que les ans vont ravir,

Et conservez pour vous le bras qui peut servir.

Aux dépens de mon sang satisfaites Chimène :

Je n'y résiste point, je consens à ma peine ; 750

Et loin de murmurer d'un rigoureux décret*,

Mourant sans déshonneur, je mourrai sans regret.

MM PBllHAtft».

L'affaire est d'importance, et, bien considérée, Mérite en plein conseil d'être délibérée.

Don Sanche, remettez Chimène en sa. maison. 735

Don D iègue aura ma cour et sa foi pour prison. Qu'on me cherche son fils. Je vous ferai justice.

cinSHB.

Il est juste, grand Roi, qu'un meurtrier périsse.

DO* PBRNAlfD.

Prends du repos, ma fille, et calme tes douleurs.

CHTOËNK.

M 'ordonner du repos, c'est croître mes malheurs. 744

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