‹ Théâtre classique, contenant le Cid, Horace, Cinna, Polyeucte, de P. Corneille; Britannicus, Esther, Athalie, de J. Racine; Mérope, de Voltaire; le Misanthrope, de MolièreChapitre 407 sur 619 · Voyez le livre 1 &E$dra*, chapitre rv, verset · texte numérisé non relu

Voyez le livre 1 &E$dra*, chapitre rv, verset

Les Juifs partout de joie en poussèrent des cris.

Ciel I verra-t-on toujours par de cruels esprits

Des princes les plus doux l'oreille environnée,

Et du bonheur public la source empoisonnée? 4085

Dans le fond de la Thrace un barbare enfanté

Est venu dans ces lieux souffler la cruauté.

Un ministre ennemi de votre propre gloire....

AMAN

De votre gloire ? Moi ? Ciell Le pourriez-vous croire? Moi, qui n ai d'autre objet ni d'autre Dieu....

ASSUÉRUS

Tais- toi. 1090 Ose6-tu donc parler sans l'ordre de ton roi ?

Notre ennemi cruel devant vous se déclare :

C'est lui i. C'est ce ministre inûdèle et barbare,

Qui, d'un zèle trompeur à vos yeux revêtu,

Contre notre innocence arma votre vertu. 1095

Et quel autre, grand Dieu ! qu'un Scythe impitoyable

Auroit de tant d horreurs dicté l'ordre effroyable ?

Partout l'affreux signal en même temps donné

De meurtres remplira l'univers étonné.

On verra, sous le nom du plus juste des princes, 1 100

Un perfide étranger désoler vos provinces,

Et dans ce palais même, en proie à son courroux,

Le sang de vos sujets regorger jusqu'à vous.

Et que reproche aux Juifs sa haine envenimée ? Quelle guerre intestine avons-nous allumée? 1105

Les a-t-on vu * marcher parmi vos ennemis ? fut-il jamais au joug esclaves plus soumis? Adorant dans leurs fers le Dieu qui les châtie, Pendant que votre main sur eux appesantie A leurs persécuteurs les livroit sans secours, 1110

Ils conjuroient ce Dieu de veiller sur vos jours *f De rompre des méchants les trames criminelles» De mettre votre trône à l'ombre de ses ailes 4. N'en doutez point, Seigneur, il fut votre soutien.

1. « Dixitque Esther : Hostis etinimicus noster pessimas iste est Aman. » {Esther, vu, 6.)

2. Dans les éditions publiées du vivant de Racine, il y a ainsi vu sans accord, conformément à l'usage de son temps pour l'emploi du participe passé accompagné d'un infinitif. Vovez {'Introduction grammaticale du Lexique de Racine, de M. flarty-Laveaux, a l'article Participe passé.

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