Var. J'ai retenu ma main, j'ai cru mon bras trop prompt
4. Var. Si je n'eusse opposé contre tous les appas. (1637-66)
Que malgré cette part que j'a vois en ton âme1,
Qui m'aima généreux me haïroit infâme; 890
Qu'écouter ton amour, obéir â sa voix,
C'étoit m'en rendre indigne et difiamer ton choix.
Je te le dis encore ; et quoique j'en soupire *,
Jusqu'au dernier soupir je veux bien le redire :
Je t'ai fait une offense, et j'ai dû m'y porter 895
Pour effacer ma honte, et pour te mériter ;
Mais quitte envers l'honneur, et quitte envers mon père,
C'est maintenant à toi que je viens satisfaire : <
C'est pour t'offrir mon sang qu'en ce lieu tu me vois.
J'ai fait ce que j'ai dû, je fais ce que je dois. t 900
Je sais qu'un père mort t'arme contre mon crime ;
le ne t'ai pas voulu dérober ta victime :
immole avec courage au sang qu'il a perdu
Celui qui met sa gloire â l'avoir répandu.
chimène. j
Ah i Rodrigue, il est vrai, quoique ton ennemie, 905 1
Je ne puis te blâmer d'avoir fui l'infamie * ; Et de quelque façon qu'éclatent mes douleurs, Je ne t'accuse point, je pleure mes malheurs. Je sais ce que l'honneur, après un tel outrage, Deinandoit à l'ardeur d'un généreux courage : 910
Tu n'as fait le devoir que d un homme de bien ; Mais aussi, le faisant, tu m'as appris le mien. Ta funeste valeur m'instruit par ta victoire ; ,
Elle a vengé ton père et soutenu ta gloire : Même soin me regarde, et j'ai, pour m'affliger, 915
Ma gloire â soutenir, et mon père â venger. Hélas ! ton intérêt ici me désespère : Si quelque autre malheur m'a voit ravi mon père, Mon âme auroit trouvé dans le bien de te voir L'unique allégement qu'elle eût pu recevoir ; 920
Et contre ma douleur j'aurois senti des charmes, Quand une main si chère eût essuyé mes larmes. M
Mais il me faut te perdre après l'avoir perdu , Cet effort sur ma flamme â mon honneur est dû * ;