‹ Théâtre classique, contenant le Cid, Horace, Cinna, Polyeucte, de P. Corneille; Britannicus, Esther, Athalie, de J. Racine; Mérope, de Voltaire; le Misanthrope, de MolièreChapitre 48 sur 619 · Var. J'ai retenu ma main, j'ai cru mon bras trop prompt · texte numérisé non relu

Var. J'ai retenu ma main, j'ai cru mon bras trop prompt

4. Var. Si je n'eusse opposé contre tous les appas. (1637-66)

Que malgré cette part que j'a vois en ton âme1,

Qui m'aima généreux me haïroit infâme; 890

Qu'écouter ton amour, obéir â sa voix,

C'étoit m'en rendre indigne et difiamer ton choix.

Je te le dis encore ; et quoique j'en soupire *,

Jusqu'au dernier soupir je veux bien le redire :

Je t'ai fait une offense, et j'ai dû m'y porter 895

Pour effacer ma honte, et pour te mériter ;

Mais quitte envers l'honneur, et quitte envers mon père,

C'est maintenant à toi que je viens satisfaire : <

C'est pour t'offrir mon sang qu'en ce lieu tu me vois.

J'ai fait ce que j'ai dû, je fais ce que je dois. t 900

Je sais qu'un père mort t'arme contre mon crime ;

le ne t'ai pas voulu dérober ta victime :

immole avec courage au sang qu'il a perdu

Celui qui met sa gloire â l'avoir répandu.

chimène. j

Ah i Rodrigue, il est vrai, quoique ton ennemie, 905 1

Je ne puis te blâmer d'avoir fui l'infamie * ; Et de quelque façon qu'éclatent mes douleurs, Je ne t'accuse point, je pleure mes malheurs. Je sais ce que l'honneur, après un tel outrage, Deinandoit à l'ardeur d'un généreux courage : 910

Tu n'as fait le devoir que d un homme de bien ; Mais aussi, le faisant, tu m'as appris le mien. Ta funeste valeur m'instruit par ta victoire ; ,

Elle a vengé ton père et soutenu ta gloire : Même soin me regarde, et j'ai, pour m'affliger, 915

Ma gloire â soutenir, et mon père â venger. Hélas ! ton intérêt ici me désespère : Si quelque autre malheur m'a voit ravi mon père, Mon âme auroit trouvé dans le bien de te voir L'unique allégement qu'elle eût pu recevoir ; 920

Et contre ma douleur j'aurois senti des charmes, Quand une main si chère eût essuyé mes larmes. M

Mais il me faut te perdre après l'avoir perdu , Cet effort sur ma flamme â mon honneur est dû * ;

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