‹ Théâtre classique, contenant le Cid, Horace, Cinna, Polyeucte, de P. Corneille; Britannicus, Esther, Athalie, de J. Racine; Mérope, de Voltaire; le Misanthrope, de MolièreChapitre 512 sur 619 · SCÈNE l · texte numérisé non relu

SCÈNE l

JfÉROPE, EURYCLÈS, ISMÉN1E

MÉnOPE.

Quoi f I univers se tait sur le destin d'Égisthe t

1. La scène suivante, destinée d'abord à être la 1" de l'acte 11, « fut supprimée, dit Beuchot, le jour de la première représentation par l'auteur lui-même, oui s'était obstiné à la conserver à toutes les répétitions, malgré les représentations de Mlle Dumesnil, oui la trouvait inutile. C'est sur une copie qu'en avait conservée celte actrice, que Palissoi l'a publiée en 1802. »

ISMÉJXIE, EURYCLÈS.

ISMÉIflK.

Oui, toujours de son fils sa douleur occupée,

D'aucun autre intérêt ne peut être frappée.

Cet hymen nécessaire irrite ses esprits;

Elle craint d'offenser le nom seul de son fils.

Elle a devant les yeux cette éternelle image,

De ses illusions tendre et funeste ouvrage.

Elle embrasse cette ombre, et ses humides yeux

Relisent ce billet, ce gage précieux,

Ce billet de Narbas, unique témoignage

Qui jusqu'en sa prison put trouver un passage.

Le nom d« ce cher fils, effacé par ses pleurs,

Flatte son espérance, irrite ses douleurs,

La soutient et l'abat, la console et la tue :

Vous ne guérirez point cette âme prévenue.

IBRTCLES.

Je saurai l'admirer ; une autre en cet état

De la grandeur suprême aurait mieux vu l'éclat,

Eût pleuré sur le trône, et, bientôt consolée,

Oublierait la nature aux grandeurs immolée.

Je vois avec respect ce courage obstiné,

Dans ses nobles douleurs ferme et déterminé,

vainqueur de l'intérêt, et vainqueur du temps même,

Mérope se perdra, je le vois; mais elle aime.

Que nai-je pu servir ce vertueux amour!

Uue nai-je pu d'Égisthe annoncer le retour I

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